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 So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]

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MessageSujet: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Jeu 18 Fév - 20:41


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But on this road I took a fall...

Barthandra
Il me fallut plusieurs jours pour rallumer mon portable. Comme si j’avais peur d’y voir ce qu’il y avait à y voir. Je n’étais pas non plus beaucoup sortie de l’appartement d’Alvin. Qui était aussi le mien, sans doute, au fond. Je n’en étais pas sûre. Je ne voulais pas revenir chez Barth pour le moment, j’avais besoin de faire le point. Les paroles d’Alvin me grignotaient l’esprit, me bouffaient de l’intérieur, ne me laissant aucun répit, je m’en rendais presque malade. Je n’arrêtais pas de cogiter, ça m’empêchait presque de dormir la nuit. Et ma conscience de me répéter : si tu le tues, tu retrouveras le sommeil. Tout s’effacera. Tes doutes, tes peurs. Et puis, il est de toute façon condamné. Tôt ou tard, plutôt tôt d’ailleurs, il partira. Plutôt que de le regarder mourir à petit feu avec l’angoisse persistante qu’il pourrait te trahir, autant mettre le point final sur le champ. La trahison, ça a toujours été ton pire cauchemar, ne le laisse pas devenir réalité à cause d’un élan de sentimentalisme. La tête enfoncée dans mes mains, les ongles plantés dans ma chevelure, les yeux fermés, j’attendais que la petite voix se taise, et elle ne le faisait pas.

Le poison roulait dans ma paume, entre mes doigts. C’était une substance atrienne, pas soupçonnable ni détectable pour des humains. La méthode facile, mais indolore. Je répétais la scène dans ma tête mais ça ne se déroulait jamais de la même façon. Naturellement, le doc avait toujours été imprévisible, il n’allait pas se laisser imposer un quelconque scénario. Il allait falloir y aller à l’impro, je le sentais. Je serrai mes poings pour marquer ma détermination, pour me dissuader de faire demi-tour. J’arrivai devant la maison bleue trop rapidement à mon goût, et je restai là, plantée devant la porte sans oser frapper ou l’ouvrir.

J'étais blanche comme un linge, pâle comme la mort que je m'apprêtais à donner, immobile, paralysée sur le pallier. Le bruit derrière moi de notre voisine ne me fit même pas sursauter tant j’étais absente.

« Tout va bien mademoiselle Caldwell ? »

Cette empotée s'acharnait à m'appeler par le nom de Barth, comme si nous étions de la même famille. D'habitude, ça m'amusait. Là, ça m'horrifiait. En plus, ça m'emmerdait sacrément que cette potiche m'ait vu arriver ici. Adieu alibi. Est-ce qu'il fallait que je la descende aussi ? Trop tard, elle s'éloignait déjà. Je la suivis un instant du regard, trop contente d’avoir mon attention détournée pendant un court moment. Je traînais mes yeux à nouveau sur la porte, j’avais probablement l’air soucieuse, préoccupée. Il allait bien falloir ouvrir cette foutue porte, et ensuite quoi ? Je glisse le poison dans ma poche, j’ai peur qu’il m’échappe des doigts à force de le tripoter nerveusement.

Je sors les clefs de mon autre poche, j’ouvre la porte. A l’intérieur, règne un silence parfait. Cela ne veut pas dire que Barth n’est pas là, il a pu s’endormir, somnoler, ou méditer. Aujourd’hui, il ne travaille pas, j’en sais quelque chose, je suis sa secrétaire. J’ouvre la bouche, prête à l’appeler, mais ma voix me fait défaut. Traitresse, me chuchote la conscience, n’ose même pas prononcer son nom. J’avais l’impression d’infliger pire que le baiser de Judas. Je me racle la gorge, m’apprêtant à partir à sa recherche. Ne le trouvant nulle part, je me résous à allumer mon téléphone en quête d’un indice. Je ne suis pas encore à proprement parler inquiète juste… j’ai un mauvais pressentiment. Mais venant d’une personne venue ici pour tuer son « âme sœur », avoir un mauvais pressentiment est une douce ironie.

A peine le portable allumé, il m’annonce déjà plusieurs appels manqués. C’est Barth. Mais ça ne date pas d’hier. Ca date de mes premiers jours chez Alvin. Depuis plusieurs jours, plus rien. Et puis aujourd’hui, il y a environs 2 heures, un appel inconnu. Je fronce les sourcils et décide de le rappeler.

« Hôpital Lincoln, bonjour, en quoi pouvons-nous vous aider ? »

Mon regard s’assombrit et ma gorge s’assèche déjà alors que le mauvais pressentiment prend une ampleur désagréable.

« Leandra Shankar. Vous avez essayé de me joindre un peu plus tôt »

La réceptionniste me demande de patienter un instant, et j’entends dans le lointain le bruit de quelqu’un tapant sur un clavier. Je me suis mise à tapoter mon bras machinalement, je commence à me sentir un peu nauséeuse.


« Oui mademoiselle Shankar, le docteur a Chen a tenté de vous joindre à propos de son patient Bartholomew Caldwell. Est-ce que vous pouvez vous rendre à l’hôpital dans les plus brefs délais ? »

J’essaye de lui soutirer des informations, mais en vain, il faut que je me déplace. Je lui raccroche presque au nez et je décolle à la vitesse de la lumière. Je regrette de ne pas avoir pris mon vélo avec moi, alors me voilà à courir dans les rues pour atteindre l’hôpital dans les plus brefs délais. Je me bénis d’être une atrienne, d’avoir deux fois plus de force et d’endurance qu’un banal humain.

Sur place, je me rue à l’accueil et sans même m’en rendre compte, je me mets à crier et à agresser tout le monde. Le personnel essaye de me calmer comme il peut alors que je beugle pour qu’on me donne le numéro et l’emplacement de sa foutue chambre. Finalement hausser le ton porte ses fruits, et une infirmière finir par lâcher l’information :

« Au bout du couloir à…
- Merci ! »


J’ai déjà arrêté d’écouter, je détale vers le fond du couloir. Je commence à avoir chaud à force de m’agiter, mais je n’enlève pas mon sweat à capuche gris pour autant, j’ai autre chose en tête. Au bout du dit couloir, je prends à droite, et je tombe nez à nez avec un homme bandé quasiment des pieds à la tête. Je m’immobilise, que dire, je suis carrément paralysée. Je ne m’attendais pas à ça. Pas à ça du tout. Les pires scénarios catastrophe défilent dans ma tête. Un feu. Un incendie. Ou ça ? La maison était intacte. Le cabinet ? Comment va-t-il ? Est-ce qu’il souffre ? Est-ce qu’il est conscient ? Tétanisée que je suis, je ne remarque pas tout de suite que je ne suis pas seule. Il y a du monde, 5 ou 6 personnes. Je les bouscule pour les rejoindre.

« Dégagez de là ! Dégagez ! »

Je continue de parler fort pour ne pas dire que je beugle. Je tombe nez à nez avec une dame d’une petite quarantaine qui n’a pas eu le temps –ou l’envie- de s’enlever de mon passage alors que je m’apprêtais à me ruer sur Barth ou ce qu’il en restait.

« T’es qui toi ? »

Le ton n’est pas aimable, mais je m’en tape. C’est qui celle là sérieusement ? Certainement pas sa mère, trop jeune. Je m’attends à à peu près toutes les réponses sauf celle qu’elle m’offre.

« Je suis sa femme »

Sa femme ? J’ai un instant de doute. Sa femme. Il ne peut pas avoir de femme. C’est MOI sa femme. Enfin sa future peut être femme, mais qu’importe. Qu’est-ce qu’elle fout là ? C’est qui celle là ? Mon cerveau peine à raisonner correctement et il me fallut de longues très longues minutes pour enfin avoir un éclair de conscience. Je m’approche du pied du lit et attrape la feuille d’admission dans le dossier qui y est accroché. Mon cœur bat à tout rompre alors que mes yeux sautent sur le nom. Gregory Tommerson. J’éclatai de rire sous le regard éberlué de Mme Tommerson. Ce n’est pas lui. Ce n’est pas Bart. Je fis demi tour sans rien leur dire et sans m’excuser, fonçant dans la chambre d’en face. Elle m’avait dit au fond du couloir, il n’y avait que deux fonds du couloir.

A peine rentrée dans la pièce, je le reconnais immédiatement malgré les tuméfactions sur son visage. Oh bordel, ils ne l’ont vraiment pas loupé. Il a les yeux fermés, mais je vois son torse se soulever lentement sous le drap signe qu’il vit. Il doit probablement dormir. Je me rapproche, un sourire béat et crétin aux lèvres alors que je me remets de mes émotions. Je prends place sur la chaise à côté du lit, et je m’accroche à son bras, celui qui n’est pas relié à 36 000 cathéters, attrapant sa main et la serrant entre mes doigts.

En me voyant à demi-affalée sur lui, une infirmière de passage m’adressa un sourire gêné.

« Excusez moi… vous êtes de la famille ? »

Me demanda-t-elle, visiblement peu à l’aise de me demander cela. Et ce fut dans un éclat de rire un peu nerveux, mais essentiellement soulagé, que je répondis :

« Ouais. Je suis sa femme »

Ou presque.


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Ven 19 Fév - 18:33


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

La porte s'était refermé et Léandra n'étais jamais réapparue. Au début je ne m'étais pas inquiété, je me disais qu'elle devait sans doute avoir besoin d'être seule pour réfléchir à ma proposition. Ce qui était normal après tout. C'était une atrienne et je n'étais qu'un simple humain. Certes les couples entre nos deux peuples existaient mais ils étaient loin d'être bien vu. Et que dire de leurs enfants...Aux yeux de certains ils étaient des monstres. Mais Léandra pouvais se rassurer là dessus, je n'avais pas l'intention de faire des bébés avec elle. Je n'étais pas si égoïste pour laisser un enfant sans père alors que je savais que j'étais condamné.

N'ayant toujours pas eu de nouvelles de sa part, même pas un sms ni un appel j'avais commencé à m'inquiéter. J'avais donc essayé de l'appeler mais tombait sur son répondeur. Soit elle n'avait plus de batterie soit elle m'évitait toujours. Peut être était elle retourné dans son ancien appartement. Après tout elle ne me devait rien, c'était son droit. Je sentais pourtant un grand vide dans ma propre maison. Je m'étais habitué à ne plus être un mais deux. A nos rires, à nos engueulades...Mais il n'y avait plus rien, c'était le silence complet. Même l'inspiration m'avait quitté. J'étais en train de déprimer...
Comme un homme qui venait de rompre, j'avais fini par lui demander tout simplement de revenir. Quelques tentatives avant de me rendre compte que cela ne servait à rien. Elle était partie. Bravo Bart, tu avais réussi à faire fuir LA seule personne qui arrivait à te supporter plus de deux heures.
Elle ne venait même plus au travail, ce qui signifiait bien que c'était terminé pour le Bathandra. Je n'avais aucune envie de chercher une nouvelle secrétaire. En fait je me sentais tellement mal que j'avais fermé le cabinet pendant une durée indéterminé. Mes patients allaient rouspéter mais j'en avais rien à faire. Marre de penser aux autres, il était temps de penser à moi.

Pour la première fois de ma vie je me sentais seul. Le sentiment de solitude je l'aimais d'habitude mais pas cette fois. Alors que j'arpentais d'un air morose les rues d'Edendale. Elle m'avait abandonné. Sans un mot, sans rien. Si on tenait un minimum à quelqu'un on disait quelque chose mais nada, walou. Quel naïf j'avais été.

J'arrivais à un arrêt de bus. Il serait là dans dix minutes. En calculant bien je pouvais aisément mettre en scène la fin de ma vie. Merde alors j'en venais à avoir des pensées suicidaires. Bart il faut que te reprennes mon gars. Le taux de suicide des psychologues tu ne devais pas en faire partie. Même si il n'y avait personne en ce moment pour témoigner. Enfin à part deux adolescents et un petit qui disparurent dans une allée. Mon petit doigt me disait que c'était louche. Je fronçais les sourcils avant de traverser. Tant pis pour le bus.

Les brimades entre camarade de classe c'était bien connu, mais là ce n'était pas ce qui se passait. Il ne m'avait pas fallu longtemps pour comprendre que l'enfant était un atrien. Où était sa mère ? Il n'y avait personne aux alentours. Pauvre petit qui n'avait rien demandé. Sans défense face aux deux monstres humains qui l'insultait et le maltraitait avec des battes de base-ball. Je valais mieux qu'un bus.
Je quittais l'ombre pour aller dans la lumière.

- Hey ! Laissez le tranquille !

Deux contre un. J'étais une crevette, eux des requins. Interrompre leur petite comédie n'avait pas l'air de leur plaire.

- Qui t'es toi ? Occupe toi tes oignons !

Il pouvait se les mettre dans le cul ses oignons. Ils m'ignoraient et j'attrapais une canette vide. Edendale et sa propreté. Je la lançais de toute mes forces sur l'un des deux adolescents. L'objet avait rebondis sur une des têtes. Et c'est le but !

- Je crois que t'a pas saisi le vieux

Ils s'avançaient vers moi, l'atrien terrifié derrière eux. Je me mettais en position de défense comme j'avais vu dans les combats de boxe à la télé. Ils se regardèrent avant d'éclater de rire. Je pensais pas gagner, loin de là. C'était simplement pour sauver un enfant innocent. J'étais la diversion. La nouvelle proie qui allait se faire bouffer.

D'habitude le bitume je le rencontrais en m'évanouissant. Sans douleur, sans le goût du sang dans la bouche. Comme tout le monde je m'étais déjà battue mais c'était mon baptême de batte. Et alors que je virais vers l'inconscience un bruit de sirène se fit entendre, les lumières brillaient rouges et bleus. Puis tout s'éteignit.

Je pensais avoir écrit la fin de ma vie. Je me demandais si Léandra viendrait à mon enterrement. Mais j'étais pas mort. Viendrait elle seulement me voir à l’hôpital ? Elle était la première personne à contacter en cas d'urgence. Je l'avais rajouté récemment, quand tout allait bien entre nous deux. J'ignorais combien de temps cela faisait que j'étais à l’hôpital et j'aurai préféré continuer à comater que de me réveiller. La douleur me fit grogner avant d'entrouvrir les yeux.
J'étais peut être bien mort en fait. Elle était là. Elle avait l'air d'aller bien. Comparé à moi ce n'était pas compliqué en même temps.

- Vous êtes en retard...

Référence cinématographique. J'ignorais si elle avait vu ce film mais tant pis. J'avais l'habitude des grands moments de solitude. Je me demandais juste ce qu'elle allait me raconter. Non, en vérité je lui en voulais terriblement. Comme un enfant je lui tournais alors le dos tant bien que mal. La douleur me faisait grincer des dents.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Lun 29 Fév - 18:19


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Je n'avais jamais été quelqu'un de très patiente, et il ne me fallut donc que quelques minutes à le regarder dormir pour commencer à m'inquiéter et alpaguer une infirmière.

« Excusez moi, est-ce que c'est normal qu'il ne se réveille pas ? »

Elle me servit le sourire fatigué, un peu las, de la personne qui a répondu 1 million de fois à cette question mais qui compatit aussi un peu.

« Il est arrivé dans un état critique madame. Son état est stabilisé mais il a besoin de repos.
- Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
- Il a été retrouvé dans cet état, inconscient. Il a été tabassé. Un témoin a identifié 2 agresseurs. »

Je serrai les dents, cachant difficilement l'énervement que je sentais poindre en moi. Ce n'était pas contre elle, la pauvre porteuse de la nouvelle infortune. Ce n'était même pas contre les 2 cons qui avaient jugé bon et courageux de s'en prendre à une seule personne, et probablement pas la plus costaud du coin. Non, mon énervement m'était 100% dédié. Parce que si j'avais été là, la raclée, c'était eux qui la prenaient. Je n'en avais pas l'air ainsi, mais j'étais une vraie combattante. Et j'avais en bonus la force atrienne.

Le temps que je me flagelle mentalement et elle était repartie. Prenant mon mal en patience, je le réinstallai au chevet du doc, m'accoudant sur le matelas, la tête entre les mains. J'avais envie qu'il se réveille. Déjà parce que j'avais envie de m'assurer qu'il allait bien, mais aussi parce que je préférais affronter sa colère ou sa tristesse plutôt que d'affronter mes pensées. Et pour le moment, lui endormi, j'étais une proie de premier choix pour mes pensées. Je regrettais de ne pas avoir de l'alcool ou même une bonne drogue atrienne pour mettre la voix intérieure en sourdine. Mais ici peu de chance de trouver l'un ou l'autre... Quoique pour la drogue il devait y avoir de quoi faire, mais inutile de me mettre dans un état minable s'il risquait à tout moment de se réveiller. Finalement, mon attente dut durer un peu moins d'une heure, même si ça me parut une éternité.

Ce fut son grognement qui le tira de ma torpeur, et je me redressai alors même qu'il ouvrait les yeux. A en croire le son émis, il avait encore mal. Je serrai les dents, souffrant de le voir souffrir, ne sachant pas comment entamer la discussion. Il le fit à ma place avec une phrase.... Étrange. Étant donné le vouvoiement, soit il essayait de me faire passer un message, soit il faisait un clin d'œil à autre chose. Malheureusement pour lui, j'étais passée à côté de l'un ou de l'autre. Je me contentai de répondre, dans un sourire un peu triste :

« Je me suis perdue en cours de route... »

Et je ne faisais pas allusion au chemin jusqu'à l'hôpital. Je m'égarais sur des chemins mentaux obscures, pire que la plus mal famée des ruelles d'Edendale. Cet espèce d'horrible dilemme me bouffait ma santé mentale, me tenant éveillée la nuit. Ça devait d'ailleurs se voir sur ma tête, ou plus précisément sur les cernes creusées sous mes yeux. Cela dit de lui et moi, c'était quand même lui qui avait la plus mauvaise mine. En tout cas, ce fut ce que je pus voir avant qu'il ne me tourne tout simplement le dos. Le mouvement parut difficile et douloureux, ce qui me dit lever les yeux au ciel. Il m'en voulait. Ca, ce n'était pas un scoop, c'était même assez logique même si en général Logique et Barth, ça faisait deux. Mais de là à se faire mal pour me faire savoir que j'avais été une vraie petite conne ...

« J'ai deux jambes qui fonctionnent très bien et toi un corps tellement endolori que rouler sur le dos semble être un supplice. S'il faut changer de côté du lit à chaque fois que tu me tournes le dos.... Tu craqueras avant moi. »

Cela dit, pour lui éviter de devoir refaire un effort s'il acceptait de m'avoir en face de lui, je me levai de la chaise, contournai le lit pour piquer la chaise de l'autre côté et m'y installer, posant mes yeux sur lui, me demandant s'il allait m'éviter du regard ou non. Je n'avais jamais vu Barth fâché. Je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait donner.

Jusque là, tout avait été tellement simple. Ma vie était régie depuis des années par 3 règles parfaitement claires : 1. Moi d’abord. 2. Ne pas se soucier des autres. 3. Survivre. Je faisais, de temps à autre, exception à ces règles pour les quelques rares personnes qui avaient pris de l’importance pour moi, essentiellement Alvin et Nolan, mais aussi occasionnellement Nathan et Elyan. Et ça s’arrêtait là.

Et puis le Doc avait débarqué dans ma vie –même si techniquement c’était essentiellement moi qui étais entrée en trombe dans la sienne- et tout s’était compliqué. Enfin… pour être exacte, c’était lorsqu’il avait découvert que j’étais atrienne que tout s’était compliqué. Avant, je pense qu’Alvin ne l’aurait pas spécialement porté dans son cœur, mais il n’aurait pas vu une véritable menace en lui. Là, c’était différent. Barth était une menace. Je pensais sincèrement qu’il voulait mon bien, mais il n’en restait pas moins une épée de Damoclès. Car son avis sur moi pouvait changer, car on pouvait se disputer, peut être se haïr un jour, car il pouvait se faire manipuler, tant de choses pouvaient arriver… Alvin était la preuve vivante que même ceux que l’on aime et qui nous aiment peuvent être une menace. Une vilaine dispute, et il avait failli me balancer aux humains de l’immeuble. Évidemment je ne généralisais pas le cas d'Alvin... Entre nous ça avait toujours été passionnel, intense dans notre dévotion, dans notre adoration, mais aussi dans notre colère et dans nos disputes. Barth, pour sur, n'était pas un extrémiste dans son genre. Ou alors il le cachait très bien. D'ailleurs personne n'allait dans de telles extrêmes à part lui concrètement.

Mes mains posées sur les draps du lit, j'avais envie de lui prendre la main pour le rassurer, mais je n'osais pas. Il m'en voulait pour ce que j'avais fait, ou plutôt pas fait, alors que ce que j'avais fait ne valait pas le quart de ce que j'avais pensé faire. De ce que j'avais osé imaginer. S'il savait, il me prendrait pour un monstre, et il aurait bien raison. Mes doigts s'enfonçaient dans les draps, s'arqueboutant comme des crochets alors que je basculais vers l'avant, le front contre son bras, le nez contre le matelas. J'avais la nausée rien que d'y repenser.

« Désolée »

Murmurai-je.

« Je suis tellement désolée »

Mais probablement pas pour ce qu'il pensait. Je m'écoeurais moi-même, encore plus de ne pas avoir le courage de lui dire. Il méritait que je lui dise tout. Que je le regarde dans les yeux en lui révélant à quel point j'étais nocive et pourrie jusqu'à la moelle. Mais non, dans ma grande lâcheté je N arrivai qu'à gémir des excuses. Alvin avait raison : je me ramollissais. C'est bien connu : le fruit moisi, pourri, ramollit.

« Qui t'a fait ça ? »

Demandai-je subitement, retrouvant un semblant de contenance en me rappelant que j'avais toujours assez de colère en moi pour en dispenser aux autres. Ma voix était beaucoup plus sèche que je ne l'avais voulue, mais la gestion des émotions et moi aujourd'hui ... C'était pas la grande harmonie.


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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Mar 1 Mar - 18:18


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C'est le bien qui fait mal

Perdue en cours de route ? Ca existait les téléphones portables, et même les cabines téléphoniques. Léandra avait de quoi payer un appel. Sauf qu'elle s'était pas perdue du tout, pas au sens littéral du terme. C'était juste énervant de ne pas avoir eu de nouvelles d'elle alors que je lui avais ouvert ma porte, offert un job pour être traité comme une petite merde. Je ne voulais pas penser que c'était parce que c'était une atrienne, qu'elle avait profité de ma gentillesse comme avec n'importe quel être humain. Je ne m'étais jamais énervé sur elle, il en fallait beaucoup à vrai dire pour me faire perdre mon calme. Ils nous étaient bien sur déjà arrivé de nous disputer mais je n'avais jamais haussé la voix. Mais je n'étais pas seulement en colère, j'étais aussi terriblement blessé. Je lui en voulais, et peu importe la douleur j'avais pas envie de discuter.

Mais Léandra marquait un point. Elle bougeait plus vite que moi et si je continuais ce jeu, mon corps allait m'être douloureusement insupportable. Ce qui était déjà un peu le cas. Je soupirai tandis qu'elle prenait place en face de moi. Je ne levais même pas les yeux sur elle, je ne disais rien même si j'avais tout un tas de choses à lui raconter, à lui reprocher. Je n'étais pas stupide, si elle souhaitait partir de chez moi et rentrer chez elle j'aurai compris. Bien sur j'aurai été triste mais beaucoup moins que de me faire abandonner de la sorte.
Elle se pencha soudainement vers le matelas avant de s'excuser. Cette vision, bien loin de me faire me sentir bien, me rendait triste. Je mettais ma rancune de côté et tendais la main vers elle pour l'a forcer à relever la tête.

- Je t'en veux de ne pas avoir eu le courage de me dire que tu voulais partir...Tu es libre Léa, tu fais ce que tu veux mais ne me traite pas comme tu l'a fait

Lâchais je avant de me redresser un peu sur le lit dans un grognement. Ma maladie était beaucoup moins douloureuse que de se faire tabasser. Je ne regrettais absolument pas mon geste, et j'espérais que l'enfant allait bien et avait retrouver ses parents, en sécurité. Naturellement, Léa désirait savoir qui m'avait attaqué.

- Laisse tomber, quand on veut jouer au héros on en subie les conséquences

Répondais je en riant avant de me faire rattraper par une horrible toux, qui était loin d'être agréable. J'avais encore plus mal et je souhaitais que cela s'arrête. Finalement le bus cela aurait été mieux. Je secouai la tête avant de chercher à m'emparer de la carafe d'eau pour en verser dans le verre mais ma main lâcha prise. L'objet tomba sur le sol et le bruit attira une infirmière.

- Mr Caldwell vous êtes réveillé ! Je vais prévenir votre médecin !

Avant même que j'ai pu dire quoique se soit, elle avait déjà disparue.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Jeu 3 Mar - 18:22


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Il me fit relever la tête, mais sa voix ne trompait pas sur le fait qu'il était blessé de mon comportement, déçu aussi probablement. J'avais déjà noté que les gens avaient tendance à se construire des attentes sans même s'en rendre compte, finissant ainsi systématiquement déçus. Je ne pouvais pas franchement lui jeter la pierre, j'avais nourri ces attentes, si infimes soient elles.

J'avais l'impression d'être une enfant qu'on réprimandait. On en était pas si loin d'ailleurs. La mâchoire serrée, tendue, je ravalais ma fierté. Je détestais admettre que j'avais tort, j'avais toujours haï cela. C'était comme un aveu de faiblesse, et toute forme de faiblesse chez moi me révulsait comme la pire des abominations. Je ravalai bruyamment ma salive, les yeux baissés. Je n'étais pas fière de moi, c'était certain. Mais au fond de moi, quelque chose me disait que c'était mieux ainsi. Tôt ou tard, j'aurais fini par décevoir le Doc. C'était inévitable, c'était ma spécialité. Alors si je pouvais le faire maintenant, avant de lui faire vraiment du mal et pour qu'il sache à quoi s'attendre, c'était probablement mieux.

« Je ne voulais pas partir »

Précisai-je tout de même. Je n'allais certainement pas essayer de prétendre que je n'avais pas agi comme une ordure, mais je ne voulais pas laisser le doute planer sur la raison pour laquelle j'avais ainsi comme ça. Je ne me cherchais pas d'excuse, je voulais juste être... Transparente avec lui.

« Mais j'avais besoin de réfléchir. Loin. »

Loin de lui. Et près d'Alvin. Mais surtout loin de lui. Je ne pouvais pas clairement réfléchir à mon dilemme avec le sourire tendre du Doc dans les parages. Il m'aurait fait flancher en 2 secondes. Bon finalement, il m'avait tout de même fait flancher.

« Mais j'aurais dû te prévenir, tu as raison. »

Ajoutai-je.
Le plus ironique, dans l'histoire, c'était que même si raisonnablement parlant j'étais tout à fait d'accord avec cela, s'il fallait tout recommencer, je ferais exactement la même chose. Le tenir dans le flou. Parce que j'étais nulle quand il s'agissait de mentir au nez de ceux que j'aimais.

Je reculai sur ma chaise, détournant une nouvelle fois les yeux. Je détestais la culpabilité, ça m'exaspérait au plus haut point, mais je n'arrivais pas à la faire taire. J'aurais dû me réjouir que Barth ne soit pas dans un état encore pire, au lieu de ça, je n'arrivais qu'à me concentrer sur le fait qu'il n'avait probablement même pas envie que je reste là. Cela dit, il pouvait toujours crever pour que je décolle, ce n'était pas négociable.

Je lui demandai qui l'avait mis dans cet état, mon ton laissant clairement sous entendre ce que je comptais faire de cette information. Il botta en touche sur une note humoristique mais j'étais trop tendue pour en rire sincèrement.

« Défendre la veuve et l'orphelin ... Pourquoi pas. Mais à ton détriment ? C'est stupide. A qui est-ce que tu rendras service en étant mort ? »

Ok. Je lui tendais une perche d'un kilomètre pour me faire rembarrer là. Si les rôles étaient inversés, qu'il était Lea, que j'étais Barth, je lui répliquerais illico presto qu'il y a 2 jours à peine ça ne lui importait pas tant que ça de savoir si j'étais vivant ou non. Évidemment, l'une des principales différences entre Barth et moi, c'était que moi j'étais une peste et lui non. Et comme pour me donner raison, son corps décida de manifester son avis. La chute de la cruche et le bruit qu'elle fit me fit sursauter, avant que je me redresse sur mon fauteuil, ouvrant la bouche prête à parler, je me vis couper dans mon élan par l'infirmière qui apparut et disparut à la vitesse de l'éclair.

« Génial »

Grommelai-je en me levant. Je n'avais été une grande fan de médecins. Quittant la pièce je m'immisçai dans une autre chambre pour piquer une carafe d'eau à un patient endormi. S'il pionçait, il n'en avait pas besoin. Je retournai au chevet de Barth et lui servit un demi verre d'eau avant de poser la carafe à la place de sa prédécesseur. Je comptais sur le bon sens de Barth pour ne pas se réessayer au soulevage de poids de suite. J'étais en train de reprendre place sur le fauteuil lorsque l'infirmier et le médecin entrèrent. La femme médecin nous gratifia tous les deux d'un grand sourire.

« Monsieur Caldwell ! C'est un plaisir de vous voir éveillé »

Elle avait l'air jovial, et le contraste entre son visage, rayonnant et chaleureux, et le mien, fatigué et soucieux, était probablement frappant. Elle me tendit la main néanmoins, élargissant son sourire.

« Mme Caldwell j'imagine ? Je suis le docteur Freys »

J'hochai la tête sans chercher à nier sa suggestion.

« Enchantée. Quand pourra-t-il sortir ? »

Loin de s'offusquer de mon empressement elle eut un petit rire. Je n'arrivais pas à savoir si son entrain était rafraîchissant ou irritant, dans mon cas probablement les deux, mais j'imaginais que ce n'était pas plus mal pour Barth d'avoir un gai pinson plutôt qu'un vieux type solennel et dépressif.

« Chaque chose en son temps »

Fut sa réponse avant qu'elle ne rejoigne l'autre côté du lit de Barth, lui tendant sa main à son tour.

« Enchantée Monsieur Caldwell. Comme je le disais je suis le Docteur Freys et c'est moi qui vais m'occuper de vous. Alors pour commencer dites moi comment vous vous sentez »


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Jeu 3 Mar - 22:43


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Ses explications étaient bien loin de me satisfaire. Elle ne voulait pas partir mais elle l'avait fait quand même. Léandra avait disparue complètement sans laisser aucune trace. Même si j'aurai pu chercher plus profondément que de l'appeler sur son portable mais j'avais pensé que c'était à cause de ma demande. Que c'était de ma faute. Et il avait fallu que je me fasse tabasser pour qu'elle réapparaisse. La prochaine fois je saurai comment la ramener à la maison.

- Manifestement, j'ai écourté tes vacances

Déclarais je amèrement. J'avais vraiment du mal à faire passer la pilule. Il me faudrait sans doute du temps avant de pardonner à Léandra l'abandon dont j'avais été la victime. On ne faisait pas ce genre de chose à un cancéreux. Même si c'était une atrienne, leur peuple aussi devait bien tomber malade non ?

- Tu aurais dû me prévenir oui, je m'inquiétais. Parce que c'est ce que font les amis, ils s'inquiètent

Léa avait bien dû voir mes messages et mes appels pour s'en rendre compte. Sans doute m'avait elle même trouvé ridicule avec tout cela car en y repensant c'était tout de même assez exagéré tous ce que j'avais envoyé pour elle. Tout ce que je faisais était de toute manière disproportionné par rapport à ce que je devais normalement faire. Quelqu'un en danger ? Allez Bart fonce ! Même si tu ne sais pas te battre et que tu n'a aucune chance. C'était ce qui s'était passé avec le petit atrien et ces deux humains branleurs. Un acte stupide, je le savais bien. Je ne demandais pas à Léandra de comprendre mes actions, la pauvre risquerait de choper la migraine sinon.

- Mon état ne t'intéressait pas jusqu'à ce que tu débarques ici alors je ne te permet pas de me faire la morale !

Pour la première fois j'avais haussé la voix sur elle. Elle ne se rendait pas compte que la mort, j'y étais attaché. Que je n'avais pas besoin de me faire tabasser pour mourir. Au contraire cela me faisait me sentir vivant. Ma vie s'envolait petit à petit. On me disait que j'avais encore 6 ans maximum mais je pouvais très bien rejoindre l'enfer dans la seconde. Je perdais la tête, j'étais fatigué et je n'étais même pas capable de porter une carafe.
L'accident aura au moins eu le mérite de faire savoir que j'étais réveillé. Léandra ne semblait pas partager cette idée et disparue elle aussi quelques secondes avant de revenir avec une carafe neuve pour me servir un verre. Ma gorge était aussi sèche qu'un lézard en plein soleil, aussi buvais je avec joie mais doucement pour ne pas prendre le risque de m'étouffer.

Deux charmantes demoiselles nous avaient rejoints. L'infirmière de tout à l'heure et ce qui devait être la médecin. Loin de l'image que j'avais du mien, rabat joie et sinistre. Le docteur Freys était rayonnant, un peu trop peut être. Elle s'était présenté à Léandra, qui n'avait pas nié être ma femme. Ah bon, je ne savais pas trop comment analyser ce comportement. Je serrai délicatement la main du Docteur. J'avais aussi hâte de sortir d'ici.

- Je me sens comme si je m'étais fais renversé par un bus, en ayant survécu

Il fallait que j'arrête avec ce véhicule, je devenais obsessionnel sur son cas.

- Heureusement, ce n'était pas un bus mais vous avez quand même survécu ! Vous n'avez rien de cassé, juste de simples contusions.

Elle m'offrit un sourire avant de continuer sur le même ton jovial mais sérieusement en même temps.

- D'après votre dossier vous avez une tumeur au cerveau bientôt en phase terminale...Mr Caldwell, bien que je sois ravie que vous ne vous lamentiez pas sur votre maladie...Vous devriez rangez vos vêtements de super héros...pensez à votre femme ! La pauvre, elle préférerai vous savoir dans votre lit que dans celui de l’hôpital

Ma "femme", elle en avait surtout rien à faire de ma vie. Elle avait préféré partir loin. La docteur s'était tout de même tourné vers Léandra pour chercher du soutien. Je soupirai avant de confesser dans un souffle.

- Si les humains étaient moins cons je n'aurai pas besoin de me mettre en danger pour empêcher un enfant atrien de se faire maltraiter

Maintenant Léandra savait exactement qui j'avais défendue. J'étais pas un sans coeur, je pouvais pas laisser une âme innocente dans la merde et passer mon chemin. C'était au dessus de mes forces.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Ven 4 Mar - 8:48


I love to think that we had it all
We drew a map to a better place
But on this road I took a fall...

Barthandra

Je me contentai de pincer les lèvres sans le lâcher une seconde des yeux alors qu'il me disait que j'avais écourté mes vacances. J'avais envie de lui en coller une -parce que je m'exprimais toujours mieux physiquement qu'autrement- mais je ne bougeai pas d'un millimètre.

J'éclatai un petit rire cynique, ça y est, il m'avait foutue en rogne. C'était d'ailleurs la première fois que Barth me mettait vraiment en colère. En même temps, c'était aussi la première fois que je le voyais en colère contre moi.... La journée des premières fois donc.

« Oh donc toi tu peux t'inquiéter pour moi et me faire la morale mais moi non ? »

Avec un peu de recul, j'aurais probablement pu voir que ce n'était pas franchement comparable, mais là le recul n'était pas une option. Au contraire, j'avais les deux pieds dedans.

« Alors d'accord. Si c'est ce que tu veux entendre : T'as raison ! J'en ai rien à cirer ! Pourquoi je me soucierais de quelqu'un qui n'en a rien à foutre de lui-même ? »

J'accompagnai mon commentaire d'un geste exaspéré de la main. La chute de la carafe qui entraîna l'arrivée du docteur mit fin à nos éclats de voix, mais la tension dans la pièce était encore palpable. J'écoutais la femme médecin d'une oreille attentive mais sans mot dire. J'étais globalement d'accord avec ce qu'elle disait, mais lorsqu'elle se tourna vers moi pour obtenir un appui, j'étais encore vexée comme un poux, et je ne trouvais rien de mieux à balancer que :

« Ne me regardez pas comme ça. J'en ai rien à cirer, moi, il paraît. »

Je m'adressais au docteur, mais je regardai Barth avec ce même air piqué au vif que lorsque nous avions eu cette discussion un peu plus tôt. J'avais d'ailleurs employé les mêmes termes exactement. Le positivisme et la façade souriante de la femme médecin étaient visiblement tenaces, même si son visage disait clairement qu'elle n'appréciait pas trop qu'une dispute de couple -car c'était probablement cela à ses yeux- vienne perturber la consultation. Encore moins alors qu'elle comptait sur mon soutien.

Barth lui répondit à son tour, justifiant finalement son état. Forcément, j'aurais dû m'attendre à quelque chose du genre venant de lui, et ça m'énervait encore plus. Qu'il se mette dans cet état pour un petit morveux que j'exterminerai de toute façon tot ou tard ça me mettait même hors de moi. Mais ce n'était pas comme si je pouvais le dire, alors à la place je me contentai d'un :

« Je parie que la plupart des enfants Atriens ont suffisamment de force pour foutre une raclée à 2 humains »

Le docteur me jeta un regard interrogateur, pas certaine de comprendre où je voulais en venir avec cette histoire. Professionnelle, elle renchérit de manière purement factuelle :

« Il est vrai que les Atriens semblent plus résistants que les humains mais rien n'étaye une pareille théorie »

Je ne répondis rien, mais mon sourire en coin en disait long. Entre le gamin Adetir et l'humain moyen je pariais clairement sur le môme. Après... Je n'étais pas là au moment des faits. Peut-être que les types étaient des mecs bodybuildés à l'extrême, ou des boxeurs, ou juste des types surentraînés. Ce n'était pas impossible. Je regrettais juste de ne pas avoir été là pour leur filer la raclée et au passage la honte de leur vie.

En tout cas, je sentais bien que mon comportement négatif commençait à gêner les 2 femmes du corps médical qui se jetaient des regards entendus. Ok. J'étais de trop. Je me rendais moi-même compte que mon cynisme exacerbé par la situation ne rendait service à personne.

Le docteur avait fait un pas vers moi et avait posé une main qui se voulait apaisante sur mon épaule. Je dus retenir un sursaut de dégoût : Ne. Me. Touche. Pas. À chaque fois qu'un médecin me touchait, je ne pouvais pas m'empêcher de m'imaginer sur une table d'opération, comme future cobaye de leur curiosité scientifique. Sauf Barth, évidemment. Il était l'exception par bien des aspects, mais il ne le savait pas. Forcément, il ne pouvait pas le deviner, et je ne comptais pas lui dire.

« Je pense qu'un café vous ferait le plus grand bien Madame. La machine se trouve au bout du couloir »

La proposition était polie et faite avec le sourire, mais n'en restait pas moins un ordre : elle voulait que je m'éloigne, sans doute soucieuse que ma présence agite Barth... Et elle n'avait probablement pas tort. Je ne pus cependant pas retenir mon ricanement.

« Un café.... Quelle riche idée »

Évidemment, personne à part Barth ne pouvait saisir l'ironie de la situation. Proposer un café à une atrienne pour la calmer... Ah pour sûr je serais calmée, une fois morte.
Pensant que c'était ma façon de refuser, je vis l'infirmière faire un pas vers moi.

« Je vous accompagne madame »

Je levai la main en même temps que je me redressais de ma chaise.

« Non merci, je pense pouvoir trouver une machine toute seule »

Je n'avais pas envie qu'elle me pose ou SE pose des questions en ne me voyant pas prendre de café. Je ne comptais pas me suicider juste pour donner le change. Je tenais à ma couverture mais il y avait des limites. Je quittai la chambre en lançant un dernier regard à Barth, mais il ne me regardait pas, il était fixé sur Freys. Cette dernière avait probablement raison : ce n'était pas le moment de parasiter Mew avec des soucis additionnels alors qu'il était dans un pareil état. Et manifestement ma simple présence suffisait à le tourmenter, alors autant lui laisser un peu d'air.

Dans l'urgence, j'étais partie sans mon portable. Dommage, j'aurais bien voulu appeler quelqu'un pour me changer les idées. Pas Alvin, qui allait ENCORE dire que je me ramollissais. J'aurais pu appeler Nathan mais il avait assez de souci avec son garage en reconstruction. J'aurais pu appeler Winie. Cette gamine me faisait rire, elle était une distraction en or. Il y avait bien le téléphone de l'hôpital mais bon... Je ne voulais pas utiliser un téléphone publique potentiellement sur écoute pour discuter avec une potentielle RH. J'avais toujours ma couverture de gentille humaine pro-atrienne à défendre.

A la place je partis à la recherche des toilettes, où je m'enfermai un moment. Les yeux fermés, la tête basculée en arrière, collée au mur en carrelage derrière moi, je m'imposai une respiration lente et profonde. Il y avait trop de choses qui se bousculaient dans ma tête, j'avais l'impression que j'allais imploser. Je réprimai une envie de pleurer alors que je repensais à avant. Tout était si simple avant. Pourquoi tout était toujours simple et ensuite tellement compliqué ? Non. Ce n'était pas la bonne question. La vraie question, c'était : pourquoi est-ce que je m'arrangeais toujours pour tout compliquer ? Les choses ne se compliquent pas par magie, il fallait un déclencheur, et ce déclencheur, visiblement, portait mon prénom.

Impossible pour moi de dire combien de temps exactement je restai dans ces toilettes à me torturer l'esprit avec des questions auxquelles je ne savais pas quoi répondre. En apparence, j'étais une experte de l'auto-préservation, mais en creusant un peu, on se rendait vite compte que j'étais surtout une experte pour m'auto-tourmenter.

Quoiqu'il en soit, je ne pouvais pas continuer d'errer de la sorte encore bien longtemps. Encore 10 minutes et je frôlais la crise de nerf, et il était hors de question qu'on m'interne ici.

Estimant lui avoir laissé suffisamment d'air je décidai de retourner dans la chambre de Barth. S'il avait besoin d'être seul plus longtemps... Autant que je parte clairement de l'hôpital, c'était qu'il ne voulait plus voir ma tête. Lorsque je revins dans la chambre, le Docteur était toujours là, et je restai dans le cadre de la porte, appuyée contre le mur, pour ne pas les interrompre. Elle ne m'avait de toute évidence pas entendu arriver, sinon elle n'aurait probablement pas terminé sa tirade.

« Pour votre rémission il est capital que vous soyez au calme. Pas d'élément perturbateur ou agitateur, pas de facteur énervant ou contrariant. C'est essentiel. Vous comprenez ? »

Je me demandais lequel des 4 j'étais : La perturbatrice, l'agitatrice, l'énervante ou la contrariante. Peut être les 4 d'ailleurs. Freys m'aperçut enfin et m'offrit un de ses sourires chaleureux, comme si elle ne venait pas du tout de recommander à Barth un sevrage de moi-même.

« Il est à vous. Je vous laisse le temps de préparer quelques papiers »

Me déclara-t-elle, ce à quoi je répondis par un hochement de tête silencieux. L'infirmière n'était visiblement plus là non plus, et ma chaise n'avait pas bougé. J'y repris place en silence. J'étais à peu près calmée quoique tendue. La fatigue faisait que je partais au quart de tour, et mon exécration des hôpitaux ne m'aidait pas à prendre sur moi. Bon au moins, après cela, Barth serait fixé sur moi et connaîtrait tous mes mauvais aspects qu'il n'avait pas vus jusque là : mon manque de fiabilité, mon cynisme, mon mauvais caractère. Il lui manquait le côté psychopathe sans scrupule mais je ne comptais pas lui dévoiler celui là.  J'avais déjà bien assez déconné comme ça. Honnêtement à ce stade j'avais juste envie de dormir pour oublier. Boire pour oublier, j'avais déjà testé, et on n'oubliait rien du tout, on ressassait juste... Différemment.

« Alors, verdict ? »

Demandai-je finalement, la voix bien plus rauque que je ne l'aurais voulu. Je toussotais un peu pour m'éclaircir un peu la voix, me redressant sur le siège, attendant sa réponse. Il pouvait bien me dire ce qu'il voulait. Me parler de son état physique, psychologique, rester factuel, me dire si on allait le garder ici ou non, me dire, comme le médecin l'avait lourdement sous-entendu, qu'il avait besoin de calme, et pas d'une folle furieuse qui lui faisait vivre les montagnes russes. Je ne poserai pas d'autres questions, c'était à lui de voir ce qu'il voulait me dire.

Croisant mes doigts de la main droite avec ceux de la main gauche pour canaliser mes angoisses et mes tensions, je repris la parole d'une voix plus douce, presqu'un chuchotement, mais à cette distance, je savais qu'il m'entendait.

« Est-ce que ce n'est pas votre spécialité, à vous, les psys, de cerner les gens ? »

Alors pourquoi est-ce que tu n'as pas de suite vu qui j'étais ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas tout de suite compris à quel point j'étais destructrice ?


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Ven 4 Mar - 18:17


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Voilà pourquoi j'avais préféré rester seul, pas d'amis, pas de femme ni d'enfants. Personne avec qui me disputer ou à m'inquiéter. Léandra était arrivé et avait tout chamboulé dans mon mode de vie. Et ce que j'avais crains était arrivé. Je m'étais attaché à elle, rapidement en plus, et puis voilà qu'arrivait notre première dispute. Si je voulais être seul pourquoi est ce que je lui avais ouvert ma porte ? Je ne pouvais décemment pas laisser une personne sans rien dans la rue. A la base ça devait être juste le temps qu'elle se réconcilie avec son colocataire. L'illogisme avait suivie son chemin avec ma demande en mariage. Des actes que je n'arrivais pas moi même à saisir quelque fois, et celle ci en faisait partie.

En y pensant, c'était le fait qu'elle était une atrienne qui m'avait fait réfléchir à comment continuer de l'aider une fois que je serai mort. Il n'y avait pas dix milles solutions, et la plus simple avait naturellement été de nous unir. Ce qui m'étais apparu comme une bonne idée ne l'était peut être finalement pas tant que cela.

- Je vais mourir de toute façon

Répliquais je d'un ton acerbe. Léandra avait l'air de ne vraiment pas se rendre compte dans quelle situation j'étais. Un état qui lui échappait complètement et je ne comptais pas lui faire un cours sur le cancer. Heureusement l'arrivée de la médecine avait mit fin à notre dispute. Et si le docteur cherchait du renfort du côté de ma soi-disant femme, elle était mal tombé. Je levais les yeux au ciel face à sa réponse. On était même pas ensemble que l'on faisait une crise de couple, dans un hôpital en plus.

Brièvement je revenais sur la raison de mon état. Si Léandra était persuadé que le petit aurait pu s'en sortir tout seul, ce n'était pas mon avis. On ne se défendait pas quand on était apeuré. Le sujet était cependant de trop, et vu la tête du docteur, l'atrienne l'était aussi pour mon bien. Elle avait demandé, de façon subtile, à Léandra de sortir de la chambre avec l'excuse du café. Chose qu'elle ne risquerait pas de boire. De toute manière il n'y avait pas que les atriens qui étaient allergique à la caféine. Ou elle pourrait tout simplement ne pas aimer cela.
Je me retrouvais donc seul avec le Docteur, qui en avait aussi profité pour demander à l'infirmière de nous laisser. Super. Je sentais qu'elle allait se mêler de ce qui ne la regardais pas, et c'était dans ces moments là que je regrettais mon médecin qui ne regardait pas ma vie privée. Lui, il voudrait juste que je reste enfermé chez moi.
Freys se lança alors dans une tirade, me réprimandant sur le fait que je ne faisais pas assez attention à moi, que c'était le travail de la police d'arrêter les fauteurs de troubles et non la mienne. Honnêtement, je ne l'écoutais que d'une seule oreille. J'avais presque quarante ans, j'avais passé l'âge de me faire passer une soufflante. Une fois qu'elle avait terminé tout son blabla, j'ouvrais enfin la bouche.

- Je veux simplement rentrer chez moi

C'était simple comme demande. Je ne demandais pas la lune. Léandra était revenue de sa petite escapade et le docteur nous laissa. Elle reprit place sur sa chaise avant de me demander le verdict.

- J'ai hâte de rentrer, à part des bleus j'ai rien de grave ils vont bien me laisser sortir quand même

J'espérais bien que oui en tout les cas. J'avais aucune envie de passer une nuit de plus ici. Je serai mieux chez moi, au calme. Léandra n'était pas bruyante, contrairement à ce que Freys pensait. Au premier abord elle pouvait paraître antipathique mais c'était une chic fille. Assez chic pour ne pas m'avoir laissé sur le trottoir la première fois que j'avais eu un malaise en sa présence.

- Pourquoi ? Tu aurai voulu que je t'analyse ?

Demandais je avec un sourire en coin. J'essayais de ne pas le faire, même si c'était terriblement tentant. Sans le vouloir, il y avait des choses qui me sautaient aux yeux et je me faisais violence pour ne rien dire.

- Je savais que tu cachais quelque chose, mais j'étais loin de me douter que c'était ça. Je sais que tu as un côté sombre mais ça m'a pas effrayé, puisque j'avais deviné que tu ne me ferais pas de mal. Je ne suis pas une menace, ni pour toi ni pour les atriens.

Je faisais tourner le verre entre mes mains. Frey. Le docteur qui avait une vie pourrie, raison pour laquelle elle était si heureuse d'être à son travail. Peut être même se rassurer en voyant qu'il y avait pire dans la vie des autres. Je secouai la tête avant de reprendre.

- Je suppose que tu étais retourné chez toi pendant ces quelques jours ? Ca signifie que vous vous êtes réconciliés et que tu n'a plus de besoin de moi. Tu peux revenir à ta vie d'avant si tu veux, oublier ma demande et tout le reste.

Je n'en avais cruellement pas envie, mais je ne devais pas me montrer égoïste. J'étais vraiment heureux pour elle que ça se soit arrangé de son côté. J'aurai un peu de mal à me réhabituer à être tout seul mais j'y survivrai.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Lun 14 Mar - 21:36


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Barthandra

Finalement, le docteur avait bien fait de me chasser de la chambre. La petite balade m’avait fait du bien et avait laissé retomber le soufflet. J’avais commencé à hausser le ton, Barth avait haussé la voix, et à ce stade là, la communication était devenue inutile. Après mon petit tour, j’étais de nouveau calmée. Je m’en voulais un peu de l’avoir accablé de la sorte alors qu’il n’avait rien demandé à personne et que j’étais celle en tort.

Pas tout à fait prête à formuler oralement mes regrets, je choisis de commencer en lui demandant la conclusion de son entrevue avec Freys. J’hochai la tête alors qu’il me répondait. J’espérais pour lui qu’il pourrait être rapidement libéré, rester à l’hôpital c’était glauque. Evidemment, il avait plus l’habitude de ce genre d’endroits que moi.

Il répondit à ma question par une autre question, ce qui me tira un sourire : ça, c’était un truc de psy.

« Non »

Répondis-je du tac au tac. J’avais parlé par réflexe : personne n'a envie d'être analysé après tout. Mais en fait, en reposant le problème autrement, je n’étais plus aussi sûre de cela.

« Enfin si. Peut être. »

A bien y penser, ne voulait-on pas tous la même chose ? Etre compris ? Sans avoir à dire certaines choses difficiles à dire, sans devoir expliquer certaines choses inexplicables ? C’était, pour sûr, la solution de facilité. Celle que tous les non-communicants souhaiteraient. Moi… ce n’était pas tellement que je n’arrivais pas à m’exprimer, c’était que je ne m’en laissais jamais l’occasion. J’étais devenue bien plus douée au jeu de la comédienne qu’à celui de la confession.

Attrapant tous mes cheveux d’une main je les ramenai du côté droit de ma nuque, commençant à jouer avec les pointes du bout des doigts. Un geste apaisant, même si je n’étais moi-même pas certaine de savoir pourquoi j’avais besoin d’être apaisée. Sans doute l’hôpital. Oui, c’était probablement ça qui me crispait. Mes yeux ne quittaient plus Barth alors qu’il étayait un peu sa réponse. Son commentaire me tira un sourire, plus navré que joyeux. Donc il avait débusqué mon « côté sombre » comme il l’appelait. Je me demandai un peu dans quelle mesure il l’avait cerné, et s’il se doutait du tiers de ce que j’avais fait ou que j’envisageais de faire… probablement pas.

« A tort, du coup »

Fis-je remarquer quant à son commentaire sur le fait qu'il avait deviné que je ne lui ferais pas de mal. Alors certes, je n'avais jamais levé la main sur lui... Mais finalement, et même si c'était, je l'espérais en tout cas, superficiel et passager, je lui avais aussi fait du mal, en disparaissant, en l'inquiétant, en n'ayant pas été là quand il se serait attendu à me voir rentrer et quand il s'était fait tabasser.

Je ne m'attardais pas trop sur la partie où il précisait ne pas être une menace pour moi ou pour les atriens. Je voulais bien le croire, mais j'en connaissais qui pensaient l'inverse. Au moins un. Qui avait une fâcheuse tendance à savoir sur quels boutons appuyer chez moi pour réveiller tel ou tel instinct, telle ou telle pensée. Je pouvais devenir une véritable marionnette dans ses mains, c'était assez rageant.

Je chassai Alvin de mes pensées, reportant mon attention sur Barth et son verre qu’il ne cessait de tripoter. Je me demandais si c’était aussi par nervosité, comme pour mes cheveux, ou si ça l’aidait à se concentrer, ou si j’analysais tout à l’excès et qu’il ne savait juste pas quoi foutre de ce fichu verre. Son commentaire fut suivi d’un silence qui ne dura que quelques secondes mais qui me parut très très long alors que mon cerveau processait ses paroles. J’avais les yeux grands ouverts, les doigts en suspens dans mes boucles brunes.

« Est-ce que tu me dis ça parce que c’est ce que tu penses… »

Je remuai un peu sur ma chaise, me redressant légèrement.

« ..Ou parce que c’est ce que tu veux ? »

Il n'y avait pas de reproche dans ma voix, honnêtement, je pouvais comprendre qu'il ne soit pas le premier partant pour m'accueillir à nouveau chez lui alors qu'il m'en voulait d'avoir agi ainsi. C’était même … assez logique. Je m’éclaircis un peu la gorge avant de reprendre, d’une voix plus basse.

« Je ne suis pas retournée chez moi, je suis retournée chez Lui »

Précisai-je, baissant les yeux sur mes genoux.
Ca avait cessé d'être chez moi quand il m'en avait chassée aussi facilement qu'il aurait évacué une mouche par la fenêtre. Je n'en voulais plus à Alvin, parce que ca ne servait à rien, mais il fallait ouvrir un regard réaliste et pragmatique sur la situation. En fait, ça n'avait jamais véritablement été chez moi. Dès le début, je m'étais imposée dans cet appartement qui était le sien. Il n'avait fait que me remettre à ma place finalement. Douloureusement. Mais j'avais compris le message. Il était bien ancré, gravé au fer rouge dans mon esprit.

Je me penchai un peu vers l’avant, m’accoudant sur mes genoux alors que je me rapprochai du lit, la tête penchée sur le côté alors que je dévisageais Barth et son visage tuméfié.

« Comme tu es observateur, tu as du probablement remarqué assez rapidement que j’étais quelqu’un de fier. Je n’aime pas dépendre des autres, je n’aime pas me reposer sur les autres. »

C’était un fait. Je n'aimais pas bien parler de moi, m'ouvrir aux autres, mais honnêtement ce que je venais de dire était assez.... Limpide. Il était vrai que Barth ne l'avait peut être pas vu de suite. Après tout, j'avais accepté la main qu'il m'avait tendue. Et ce pour une bonne raison : il avait cette capacité assez exceptionnelle de proposer son aide sans vous faire sentir que vous n'êtes qu'une pauvre petite chose, faible, fragile, pitoyable. Mais il était bien l'un des seuls. Même Nolan, qui m'avait prise sous son aile par pure bonté de cœur, n'avait pas réussi à me mettre parfaitement à l'aise avec l'idée d'être la demoiselle en détresse. En fait, je crois même qu'il était pour ainsi dire l'origine du traumatisme. Il avait installé, bien malgré lui, une telle dépendance en moi vis à vis de lui, que je vivais aujourd'hui chacun de ses manquements à des engagements comme une trahison déchirante. Je m'étais promis de ne plus jamais me reposer ainsi sur quelqu'un. Hors de question de réitérer un tel scénario.... C'était de l'énergie gâchée et détournée de ma véritable mission.

« Mon coeur me dit de rester là où j'avais l'impression d'avoir un chez-moi. Ma tête me dit que je vais y laisser un bout de moi si je fais ça... »

J’esquissai un sourire un peu amer. Il devait me prendre pour quelqu’un de particulièrement tordue ou atteinte pour me torturer l’esprit ainsi. Et il n’aurait sûrement pas tort.

« Ca ne m'a pas toujours réussi par le passé de me reposer sur quelqu'un, et je crois que ça me poursuit encore aujourd’hui. »

Crus-je bon de préciser, des fois que son cerveau de psy n’ait pas déjà fait le lien. J’étais à peu près certaine qu’il en était arrivé à cette conclusion de lui-même mais enfin… Quite à oser se dévoiler, autant le faire jusqu’au bout. C'était la première fois que je m'ouvrais véritablement à Barth sur mon passé. Généralement j'évitais de m'attarder sur ce qui était déjà passé et lui... Il ne me posait jamais de question. Peut être avait-il peur que j'y vois une déformation professionnelle. Aucune idée, mais je ne m’en étais pas plainte, ça m’arrangeait de ne pas avoir à lui raconter n’importe quoi pour essayer de me préserver.

« Tu vois finalement durant tout ce temps ta patiente la plus paumée était ta propre employée »

Ajoutai-je dans un petit rire, secouant la tête dans le même temps. Peut être que c’était la malédiction des psys, de ne tomber que sur des barjots. Le pauvre, il en voyait à longueur de journée au boulot, et v’là que les tarés s’invitaient aussi dans sa vie privée. D’ailleurs, je n’arrêtais pas de me plaindre, alors que de nous deux, je n’étais clairement pas la plus à plaindre pour le moment.

« Désolée. Je viens te prendre le chou avec mes problèmes de gonzesse alors que t'as d'autres soucis et que tu passes déjà des journées à écouter les malheurs des gens »

Je lui adressai un sourire d’excuse, le premier réellement tendre de la journée. A trop m’énerver sur son entêtement et ma propre connerie, j’en avais presqu’oublié qu’il m’avait énormément manqué.


_________________

Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Mar 15 Mar - 21:35


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Il était vrai que Léandra n'était pas la personne la plus bavarde en matière de sentiment que j'ai connue. Elle parlait rarement d'elle, déjà, alors encore moins de ses émotions du jour. Bien sur elle n'était pas non plus muette, mais même en ayant cohabité finalement, j'ignorais presque tout d'elle. En tant que psychologue cela pouvait être frustrant, mais je voyais plus Léa comme une amie que comme une patiente cachée. Sa réponse avait au moins eut le mérite de me faire sourire. J'y penserai la prochaine fois de mettre le moteur en route. Je n'étais pas certains cependant qu'elle apprécie le tour de magie. Je pourrai dire tout un tas de chose sur la façon dont elle avait de se tripoter les cheveux. A défaut d'avoir un animal sous la main pour le caresser. Nerveuse. En tanty qu'atrienne elle devait pas trop aimer les hôpitaux.

- Cela pourrait s'avérer amusant

Il n'y avait que moi pour trouver quelque chose de fun dans l'analyse comportementale et mentale des gens. Chacun avait son petit jeu secret. La vérité c'était que j'avais quand même étudié un peu Léandra, je n'étais pas non plus assez fou pour inviter n'importe qui chez moi. Même si ce n'était pas marqué sur mon front que j'avais un large compte bancaire, mieux valait se méfier. La mentalité des humains ne s'étaient pas améliorés au fil des années. C'était sans doute pour cela, que j'avais remarqué que l'atrienne n'était pas une personne intéressé par l'argent. Elle m'avait pas demandé de lui acheter des tonnes de bijoux ou des vêtements luxueux. De tout manière j'aurai refusé pour mon budget peinture. Et le loyer de mon cabinet. Mine de rien je n'en étais pas le propriétaire, bien que j'aurai pu acheter l'immeuble entier.

- C'est ça, les sentiments humains, on s'attache et on s'empoisonne avec une flèche qui nous illusionne. Dixit un chanteur mort Christophe Maé.


Cela aurait pu être pire. J'aurai pu tomber amoureux d'elle et alors là cela aurait été désastreux, le bus n'aurait même pas été juste une option. Du moins, je l'imaginais. Car honnêtement je n'avais jamais eu le coeur brisé. Triste oui, sinon je ne serai pas devenue dépressif. Le mal être d'une absence. Mais je m'en serai remis, de toute façon dès le début ce n'était qu'une cohabitation provisoire, c'était certains qu'un jour ou l'autre Léa se réconcilierait avec son colocataire. C'était donc tout naturellement que je devais la laisser reprendre son envol après un arrêt dans mon nid bleu. Mon idée qui ne semblait pas lui plaire.

- Ni l'un ni l'autre, je dis ça parce que cet individu avait l'air important pour toi...suffisamment pour que tu te réfugie chez "lui"...et vu que tu te sépare de son foyer, de votre ancien foyer, en parlant du fait qu'il lui appartient je suppose que tu veux, sans le vouloir, mettre une barrière entre vos deux vies, pour je ne sais quelle raison : sentimentale ou avis divergent. C'est courant chez les colocataires

Argumentais je avec un sourire rassurant. Voilà, mon moteur s’était mis en route, c'était parti tout seul. Elle allait sans doute me balancer que cette histoire ne me regardait pas. Et elle avait raison, j'étais simplement son hébergeur. Je lui avais tendue la main, elle avait accepté alors que rester dans ma salle d'attente lui aurait aussi très bien plu. Mais pas sur que ma clientèle aurait apprécié de voir quelqu'un dormir à l'intérieur.

- Tu n'aime pas dépendre des autres, mais dans ce monde ravagé par la haine, se débrouiller seul est vraiment un luxe...ou alors tu finis tout seul dans une maison avec des plantes comme compagnie

Je parlais bien évidemment de moi. Je pourrai très bien me passer de mon médecin, de mes médicaments mais dans cette société malheureusement on voulait pas laisser les malades tranquilles.

- Je suis ravie que tu te sois senti bien chez moi. C'était peut être le bleu ? L'eau, tout ça. Même si en réalité l'océan n'est pas bleu, c'est juste le reflet du ciel...enfin bref, je m'égare.

Elle me confiait ses états d'âmes et même ses problèmes avec son passé. Bien sur j'avais compris qu'elle avait dû être blessé par quelqu'un pour en arriver à ne pas aimer dépendre des autres. Ou alors cela pouvait être aussi un trait de caractère au niveau social.
Je finissais par poser doucement le verre sur la table de nuit, j'avais l'impression d'être un escargot. Léa n'était pas paumé, elle savait où elle allait. Elle avait un but, même si j'ignorais lequel mais je le sentais autour d'elle. Ecouter le malheur des autres c'était ma vie. Et il était partout. A la télévision, dans les journaux, chez mes patients. Il n'y avait aucun moyen d'y échapper. Mais entendre ceux de Léandra c'était différent.  

- La vérité Léa, c'est que ce n'est pas toi qui dépend de moi mais l'inverse...Ton absence s'est fait ressentir. Pas simplement parce que la maison se retrouvait soudainement vide mais aussi à l'intérieur de moi. J'étais devenue ce que je voyais tout les jours : un dépressif, un suicidaire. Je vivais la chose comme une rupture, même à penser, à calculer le pourcentage de chance que j'avais de survivre si je me jetais devant un bus...

Je ne cherchais pas à attirer la sympathie ou qu'elle ait pitié de moi pour qu'elle décide de rester avec moi. De toute façon être vaincu par un bus ou par une maladie, le lieu final était le même. C'était simplement pas les mêmes motivations.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Lun 21 Mar - 22:21






I love to think that we had it all
We drew a map to a better place
But on this road I took a fall...

Barthandra

Je me demandais à quel point j’étais facile ou difficile à déchiffrer pour Barth. Probablement plus que la plupart des humains  dans la mesure où il connaissait moins bien les conventions sociales, les habitudes et les mœurs atriennes, mais il avait quelques patients atriens, il avait donc du apprendre à les analyser eux aussi.
Je n'eus guère le temps de réfléchir plus longtemps au sujet. En réponse à ma petite remarque sur le fait qu'il avait eu tort de penser que je ne lui ferais pas de mal, il venait de le citer un chanteur que je ne connaissais pas du tout.

« Et alors, conclusion ? Est-ce qu’il vaut mieux ne s’attacher à personne ou se laisser empoisonner ? »

Demandai-je, levant un sourcil. Je ne savais pas si Barth avait pour habitude de s’attacher aux gens. Tout comme je n’avais que peu parler de mon passé, il était resté assez évasif sur le sien. Honnêtement je me souciais peu du passé des gens, c’était le présent qui comptait, l’avenir un peu aussi, mais les 2 derniers se construisant sur les restes du premier, il était parfois bon d’en apprendre un peu plus sur les prémices des gens pour mieux les comprendre. Et puis... Je devais avouer être un peu curieuse de connaître la vie de Barth. Mais le moment était mal choisi pour l'interview vérité.

Je regrettais presque de ne pas avoir son sens de l'observation et sa perspicacité... Pour sur, quand il enclenchait le mode psy, ça changeait du Doc dont j'avais l'habitude. Je l'écoutai attentivement, les deux sourcils levés cette fois-ci, avant d'éclater de rire à la fin de son analyse.

« Ok. C’est super flippant de se faire analyser en fait. »

Lâchai-je, me penchant un peu en avant alors que je retrouvais doucement mon sérieux. Je me demandais si tout se passait comme ça, non stop, dans sa tête. S'il décortiquait tout mais le gardait dans sa tête plutôt que de me le dire. Si tel était le cas.... Il devait avoir de sacrées migraines le pauvre.

« Cette barrière, comme tu l’appelles, c’est justement mon indépendance. Quand tu vis chez quelqu’un, tu as beau être la bienvenue, avoir tes affaires aux 4 coins de son appartement ou de sa maison, et t’y sentir bien, tellement bien que t’en viens presque à penser que c’est aussi chez toi, tu es toujours chez lui. Et le jour où il veut te foutre dehors, il le fera.  Peu importe la raison, elle sera peut être très bonne, mais le résultat sera le même. Et la personne qui aura tout perdu, ce sera toi, pas lui. »

Je ne cherchais pas spécialement à jouer les victimes, à faire la complainte de la SDF. Non, ce n’était pas le but. Je voulais juste qu’il comprenne pourquoi dépendre des autres me rebutait tellement. Parce que tout ne tenait finalement qu’à pas grand-chose. Que j’avais appris, jeune, qu’on  perdait les choses facilement, plus facilement qu’on ne les gardait. Un père, une liberté, un être cher, une sensation, tout nous échappait si rapidement. Barth n'avait pas l'air totalement d'accord avec moi cela dit. J'imaginais que nos expériences personnelles devaient beaucoup influencer nos avis respectifs.

« Il y a une différence entre ne pas finir tout seul et être dépendant. Ca fait des années que j’essaye de vivre dans l’indépendance, et à chaque fois que j’ai dévié, je l’ai regretté. »

Même pour Alvin, j’avais regretté. Certes, j’avais eu raison de lui faire confiance, de mettre ma vie entre ses mains, mais… Cela avait contribué à instaurer cette relation parfois malsaine dans laquelle nous nous étions enfermés, et qui nous rendaient si exigeants et possessifs l’un envers l’autre. Ce n’était pas que de l’amitié, c’était bien loin d’être de l’amour, c’était plutôt un genre d’appartenance. C'était en fait tout bonnement difficile à décrire. D'ailleurs... Presque toutes mes relations étaient compliquées à expliquer. Et je ne cherchais d'ailleurs généralement pas à le faire.

Me penchant un peu plus vers le lit, je glissai ma main droite jusqu'à son avant-bras gauche, l'y déposant sans m'en emparer. Quand je me sentais vulnérable, perdue ou inquiète, je devenais très tactile. Sentir sa peau, chaude -sa chambre était clairement surchauffée-, ça me rassurait, sans trop savoir pourquoi, ni même pourquoi j'avais besoin d'être rassurée de base.

« Vivre seul, c'était un choix ? »

Murmurai-je doucement, presque malgré moi, perdue dans mes pensées, alors que je me demandais comment il en était arriver à ce mode de vie.
Et je ne faisais pas allusion au fait qu'il avait une maison juste pour lui. Je parlais de sa façon d'être et de vivre en général, du fait qu'il ne semblait pas faire rentrer les gens dans sa vie plus que nécessaire, qu'il s'arrangeait toujours pour faire le bout de chemin suivant non accompagné.
Je lui jetais une œillade moqueuse alors qu’il me sortait sa théorie de la couleur des murs.

« Oui bien sûr ! C’est bien connu le bien être c’est tout dans la couleur des murs et rien à voir avec les gens qui nous entourent. T’es sûr que t’as ton diplôme de psy ? »

Le charriai-je, retrouvant enfin le sourire et la malice dans les yeux. Honnêtement… la couleur des murs, je l’avais trouvé rigolote en arrivant, mais voilà. Ca aurait pu être orange ou vert que je me serais dit la même chose. Par ailleurs, la grande majorité d’Atria était couverte de marais, donc plutôt dans les tons bruns et verts, et pas tellement dans les tons bleus. D’ailleurs c’était bien connu : la planète bleue, c’était la terre.

J’étais contente de retrouver un peu de légèreté dans notre conversation, je n’étais pas une grande amatrice de conflit même si mon comportement pouvait parfois laisser présager le contraire. J’avais juste une façon très bruyante et parfois violente de m’exprimer quand les émotions prenaient le dessus. L’accalmie fut malheureusement de courte durée. Une phrase, une petite phrase, quelques mots qui me firent l'effet d'un seau d'eau gelée. Mon visage se ferma en une seconde à peine.

« T'es pas sérieux j'espère ? »

Le ton était devenu sec. Bon, ce serait un bien drôle sujet de plaisanterie, et son visage me disait qu'il était au contraire très sérieux. Je lâchai subitement son poignet avec une exaspération palpable. Je ne savais pas trop quel genre de réaction il s'était attendu à avoir en me disant cela... Peut être ne s'attendait-il m'as à grand chose. Ou à rien.

« C'est pas de la dépendance ça, c'est ... De la connerie ! »

Mâcher mes mots, je ne pensais que trop rarement à le faire. Ce n'était pas naturel chez moi. Ce qui l'était, c'était beugler pour un rien et laisser les émotions, positives comme négatives, exploser dès que j'étais un peu à fleur de peau. Sauf que là ce n'était plus une fleur, c'était un bouquet, voire même un champ entier.

« Crois moi sur parole quand je te dis que si tu te jettes sous un bus j'irai moi-même récupérer tous les petits morceaux et je m'arrangerai personnellement pour te ramener à la vie pour te foutre la raclée du siècle ! A côté ce que t'ont fait ces connards aujourd'hui ça sera de l'art plastique ! »

Je martelais chaque idée, chaque mot, en enfonçant mon index dans le matelas avec férocité. Heureusement qu'il était solide. Mes yeux, eux, ne le quittaient plus, et s'étaient couverts d'une ombre presque menaçante. Menacer quelqu'un pour le dissuader de vouloir en finir, c'était très conceptuel, et probablement la dernière chose à faire, mais l'hypothèse qu'il puisse avoir ce genre de pensée à cause de mon absence me faisait dérailler. La plupart des gens normalement constitués auraient probablement essayer de le raisonner avec des choses rassurantes, de lui dire qu'il y avait les gens qui l'aimaient, ceux qui avaient besoin de lui, mais je n'étais pas normalement constituée, et je ne voyais pas l'intérêt de raisonner un homme de déraison. Et surtout, je ne voyais pas pourquoi je ne lui ferais pas savoir à quel point ça me faisait disjoncter de ne serait-ce qu'imaginer ce scénario.

« Putain Mew tu peux PAS penser à ce genre de trucs. T'as vu dans quel monde on vit ? Je peux crever demain de mille et une façon et ne jamais rentrer. Tu peux pas penser à te jeter sous un bus comme ça. Pour ça. »

Évidemment, il ne pouvait pas mesurer à quel point mes jours étaient, potentiellement, autant compter que les siens. Comment aurait-il pu deviner que j'avais tout un peuple à dos qui ne rêverait que d'en découdre avec moi s'ils découvraient ma véritable identité ? Et cela, c'était bien sûr sans compter la guerre froide entre RH et Trags. Dans cette guerre, j'avais un allié fiable, et un de taille, en Alvin, mais ça ne restait qu'un allié face à beaucoup trop d'ennemis. Je n'avais jusque là jamais véritablement considéré la mort comme une option, c'était contraire à mon instinct de survivante, mais face aux mots de Barth, cette possibilité m'explosait à la figure. Et l'idée que Barth puisse en venir à ce genre de considérations extrêmes était intolérable, presqu'insoutenable. Ca réveillait en moi une colère très différente de celle qui s'exprimait jusque là.

Et surtout, surtout, je ne comprenais pas. S'il était vraiment si fatigué de lutter, pourquoi est-ce que, moi à ses côtés, il voudrait continuer encore un peu ? Secouant la tête doucement, un peu calmée, mais toujours l'air dépitée, je laissais la question qui me brûlait les lèvres s'échapper :

« Sérieusement pourquoi tu ferais ça ? »


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Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Mer 23 Mar - 21:27


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Si elle réfléchissait un peu, elle avait la réponse à sa question. Je lui avais dit que je n’avais aucun ami à part elle, ce qui prouvait bien que je ne m’attardais pas à m’attacher aux gens, ou peut être était ce l’inverse. Quelqu’un qui vous scrutait de haut en bas avant de finir en mode analyse c’était assez repoussant. Moi-même je ne me supporterai pas. Il m’arrivait bien sur de m’auto-étudier, surtout quand j’avais besoin de calme ou que j’étais perdue. Aussi étonnant que celui puisse paraître il m’arrivait aussi de ne plus trouver mon chemin. Comme le moment où j’avais eu la pensée d’aller dire bonjour au bus.

- La réponse n’est pas universelle, cela dépend des gens. Mais comme toi comme pour moi il vaudrait mieux éviter la flèche

Au final tu finissais par souffrir quand tu sentais que la personne au bout du fil s’éloignait de toi. C’était ce que je ressentais par rapport à Léandra. Elle mettait ses pieds en dehors de la bulle dans laquelle je l’avais invitée. Même si je restai gentil et compréhensif j’avais mal. J’avais beau me dire que c’était pour son bien de la laisser partir, de la laisser faire son choix, ce n’était que de la pure hypocrisie avec moi-même.
Léa était toujours attaché à son colocataire, elle avait beau crier son indépendance cela se voyait. De sa façon d’en parler ou bien ne serait ce que parce qu’elle était allé vers lui dès que je l’avais demandé en mariage. Sans le vouloir j’avais analysé cette partie et loin d’être offensé, elle avait même ri.

-Désolé, mauvaise habitude...

Soufflais-je avec un sourire. C’était tout de même une jeune femme lucide mais visiblement qui  n’arrivait jamais totalement à se détendre. Si elle devait sans arrêt penser que d’une seconde à l’autre on allait la mettre à porte, que j’allai la jeter. C’était quand même mal me connaître.

- J’imagine que cette manque de confiance est lié à quelque de ton passé…peut être un rejet...

Pensais-je à voix haute avant de me rendre compte que mes pensées étaient sorties. Je levais la main en signe d’excuse. Son passé ne me regardait pas. Si Léandra préférait vivre seul, je n’allai pas la réprimander là-dessus. J’étais mal placé pour le faire. Mais étant donné son statut je pensais que c’était dangereux de ne pas pouvoir compter sur quelqu’un de proche.

- Alors peut être qu’est venu l’heure pour toi de tenter à nouveau l’indépendance, je pourrai t’aider à trouver un petit studio

Proposais-je en baissant les yeux. Plus ça allait plus je me sentais mal. Non pas à cause de mes blessures, non c’était à l’intérieur. Littéralement, je sentais mon cœur se faire broyer par ce que les gens normaux appellent les sentiments. Je me demandais bien comment faisait les Atriens pour supporter cela avec deux cœurs.
Je relevais le regard vers elle lorsqu’elle glissa sa main sur mon bras. Je penchais la tête sur le côté pour essayer de comprendre ce que ce geste signifiait. Doucement, avec curiosité elle s’intéressait à mon mode vie. La voie que j’avais décidé de prendre.

- Oui et non

Je posai ma main sur la sienne, souriant avant de continuer.

- Disons que quand on est gravement malade comme moi, on a deux options : soi on choisit de vivre seul, de ne pas s’attacher aux autres pour limiter les peines et éviter la pitié…soi on cherche à profiter de chaque personnes qui existent, à se créer une vie pour se sentir vivant

Je haussai les épaules, ce qui me décrocha une grimace de douleur. Cela faisait presque vingt ans que je vivais seul, chose dont je m’étais habitué assez vite et qui m’allait très bien. Commencer à vivre autrement alors que j’étais à l’aube de ma mort serait trop cruel pour les autres. Je ne m’étais attaché à personne depuis Madison et puis voilà que Léandra était arrivé dans ma vie, par la porte de mon cabinet. Elle avait même réussi à me faire déprimer, à me donner des envies suicidaires. Visiblement j’aurai mieux fait de garder cette dernière partie pour moi vu l’état dans lequel elle s’était mit. Je regardais son doigt s’enfoncer dans le matelas à chacun de ses mots, preuves qu’elle était vraiment très énervé et voulait absolument que j’entende bien ce qu’elle disait.

- Alors ne meurs pas, pas avant moi

Répliquais-je tout simplement. C’était simple de dire que c’était ridicule de vouloir crever parce qu’elle était partie.  Mais ce n’était pas simple pour moi de couper coupé court à une relation aussi parfaite. Du moins, je pensais qu’elle l’était.

- Peut être que pour toi, notre amitié cela signifiait rien, que je me suis fourvoyé mais je te l’ai dit : tu es ma seule amie, la seule personne à qui j’ai demandé la main ~ l’idée la plus stupide de l’année en passant en voyant où cela nous a menés ~ Alors s’il te plaît ne dit pas ce que je ne devrais pas avoir envie de mourir quand l’unique personne à laquelle je tiens s’est barré sans prévenir !

Je commençais à m’énerver, serrant les poings, mon rythme cardiaque augmenté, d’ailleurs la machine à laquelle j’étais relié pour me surveiller était d’accord avec cela. Je finissais par détourner la tête, inspirant et expirant pour me calmer. Je profitais d’être entre deux souffles pour lui demander de partir.

- Va t-en s’il te plaît, va donc vivre ta vie d’indépendante...

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Jeu 24 Mar - 12:05


You were there for me in my darkest times
But where were I when you were at your worse, down on your knees ?

Barthandra

J’esquissai un petit sourire, mais le message était passé : mieux valait ne pas trop s’attacher. Ce qui était formidable avec ce genre de résolution, c’était qu’on avait beau savoir que c’était pour notre bien, que c’était la meilleure chose à faire, ce n’était pas exactement comme si on pouvait contrôler nos sentiments, nos émotions et nos instincts. Moi, en tout cas, je n’avais jamais véritablement réussi. La plupart des gens me prenaient pour quelqu’un de particulièrement insensible parce qu’il fallait bien le dire, j’étais très à l’aise dans le rôle de la connasse. Mais ce que moins de gens savaient, c’était que j’étais en vérité une vraie boule d’émotions et de sentiments, qui se laissait beaucoup trop facilement ravager dès qu’elle baissait un peu sa garde.

« C’est noté Doc’ »

Commentai-je, dissimulant le fin fond de ma pensée derrière cet étirement de lèvre qui incarnait toujours la meilleure des façades. Sauf bien sûr face à un psy qui décelait presque tout. Difficile de dire si c’était un avantage considérable ou si c’était un gâche-surprise… Tout dépendait si on aimait les surprises, évidemment.
Mon sourire s’étira encore un peu alors qu’il analysait mes dires.

« Qu’est-ce qui n’est pas lié au passé au juste ? »

Répondre aux questions par des questions… C’était typiquement une technique de psy. Ou de négociation. Je n’essayais par particulièrement de jouer l’un ou l’autre, c’était juste une sale habitude prise à force d’esquiver les questions.
Clairement, les racines de tous les problèmes étaient toujours dans le passé. Ce n’était pas tant les rejets que les pertes qui m’avaient affectée d’ailleurs : grandir sans une mère, perdre son père, perdre son frère et sa sœur, perdre sa liberté, perdre sa planète, perdre son identité, perdre ses marques, perdre la confiance de quelqu’un… A croire que j’avais pris un abonnement. Si les apprentis-psy avaient besoin d’un cas d’école je pense pouvoir candidater.

« Remarque, ça n’excuse pas tout. Je connais des gens avec un passé bien plus pourri que le mien et qui s’en sont mieux sortis »

Ajoutai-je dans un haussement d’épaule. Je n’aimais pas trop jouer à « compare ta vie avec celle de ton voisin », mais enfin… Il fallait l’admettre : certaines personnes étaient plus fortes que d’autres, plus aptes à encaisser, se relever, recommencer. Je ne pensais pas non plus être particulièrement faible mais enfin… à en croire ce cher Alvin je me ramollissais.

Barth semblait comprendre mon besoin d’indépendance et il le prenait relativement bien... Mieux que ne le prendra Alvin, ça c'était certain. Je ne lui en avais pas encore parlé mais d'avance je savais qu'il allait en faire tout un foin. Ce serait une énième source de dispute pour nous, mais franchement, c’était un peu une routine… Je ne me faisais pas plus de souci que cela. Le doc ne semblait pas totalement dans son assiette, mais difficile de dire si c’était parce que son corps tout entier était couvert d’hématomes ou si quelque chose d’autre le taraudait.

« Tu te transformes en agent immobilier maintenant ? »

Le taquinai-je gentiment. Cela dit, j’aurais probablement besoin d’aide. Je n’avais jamais cherché d’appartement avant. J’avais squatté, joué les parasites. Ca m’amusait, et puis c’était facile. En fait, je n’étais même pas certaine de savoir vivre seule. Empotée comme j’étais, il n’était pas impossible que je foute le feu à l’appartement dès le premier soir en voulant me faire cuire des nouilles. Ce serait la prise d’indépendance la plus ridicule de l’histoire de l’Indépendance.

J’esquissai un sourire lorsqu’il posa sa main sur la mienne. Ca avait quelque chose d’apaisant… Rien de très surprenant au fond, les psys devaient s’y connaitre en « body language » pour calmer ou au contraire stimuler un patient. Evidemment, je savais que ses gestes n’étaient pas tous calculés, mais il avait du malgré tout prendre quelques habitudes. Au fond, qu’importe. La chaleur d’une main est toujours réconfortante, c’était l’essentiel.

« Je savais bien que tu étais trop bonne pâte pour ton propre bien… »

Commentai-je, penchant la tête sur le côté pour le dévisager. Moi, j’étais égoïste. Il avait déjà dû s’en rendre compte. Je n’infligeais pas volontairement la souffrance et la peine à mon entourage, mais je le faisais malgré moi souvent en pensant à ma propre pomme d’abord. Si j’étais à sa place, nulle doute que je me serais accrochée griffes et ongles à ceux que j’aime pour qu’ils restent à mes côtés jusqu’au bout, quite à les dévaster avec ma mort par la suite. Encore une fois, pas parce que je voulais les voir souffrir, mais parce que je ne supporterais pas de ne pas les avoir avec moi, même si ça signifiait leur faire du mal. Les gens égoïstes étaient la pire race, mais il était clairement trop tard pour me refaire, alors autant vivre en toute lucidité.

Et l’égoïsme n’était que le moindre de mes défauts. Le pire de mes vices, c’était probablement la colère. Et avec elle, venait généralement la violence. Physique, parfois, mais verbale surtout. Le pauvre Barth ne s’était probablement pas attendu à se prendre une soufflante en me confiant son état d’âme, ce fut pourtant ce qu’il eut.

« Oh j’t’en prie, t’es bien placé pour savoir que ça se contrôle pas ce genre de chose ! »

Répliquai-je alors qu’il me suggérait de ne pas crever avant lui. Je ne voulais pas mourir. Je ne comptais pas mourir. Enfin pas tout de suite. Mais le sort avait un sens de l’humour bien particulier, on ne savait jamais trop comment il choisissait ses victimes.
Je sentais bien que Barth était en train de perdre son calme lui aussi, mais ça ne m’empêcha pas d’en remettre une couche, trop énervée pour juste me taire et encaisser.

« Si notre amitié ne signifiait rien je s’rais pas dans ce foutu hôpital en ce moment même ! Mais c’est pas possible d’être aussi résigné, tu sais même pas ce que te réserve demain ! Tu peux pas baisser les br… »

Je m’interrompis dans ma tirade en notant que son état semblait se dégrader. Il était blème, avait du mal à respirer et à parler. Je venais d'amener une toute nouvelle dimension à l'expression "rendre quelqu'un malade". Félicitations Leandra, tu es en train de littéralement le tuer. J'amorçai un geste vers lui, probablement dans l'espoir de l'apaiser, mais en voyant les chiffres continuer de monter en flèche je me ravisai, posant mes mains sur le lit, immobiles. J'étais en train de le stresser, de faire s'emballer son coeur, et pas dans le bon sens du terme.
Crise de panique intérieure alors que je voyais le moniteur s'affoler. Il me demandait de partir et, clairement, c'était sa santé qui en dépendait. Mes doigts s'étaient crispés sur le drap du lit, cherchant quelque chose à quoi se rattacher. En temps normal je l'aurais envoyé sur les roses. Non, je ne partirai pas. Pas à nouveau. Mais nous n'étions pas en temps normal. Si je restais vissée sur ma chaise, à la merci de mon entêtement, j'allais tout bonnement l'achever.

Mon coeur se serra quand je me relevai de ma chaise, tendant le bras pour appuyer sur le bouton pour avertir les infirmières. Je commençai à m'éloigner de lui en direction de la porte lorsque je vis 2 infirmières arriver au pas de course. Celle qui était là un peu plus tôt me jeta un regard en biais, je sentais le reproche même s’il n'était pas formulé. Oui, vous aviez raison. Oui, je suis nocive pour lui. Oui, vous m'aviez prévenue qu'il avait besoin de calme. A défaut de m'en bouffer littéralement les doigts, je m'en bouffais les lèvres. L'infirmière commença par tirer le rideau supposé donner un peu d'intimité aux patients tout en donnant des ordres à sa collègue. Je ne voyais plus Barth, mais plus important : il ne me voyait plus. Adieu source de stress. Je restai plantée près de la porte sans oser la franchir, tendant l'oreille pour écouter les bips de la machine. Allez, ralentis, saleté de machine. Calme toi putain. Le son me rendait folle. J'avais envie de me rouler en boule et de me boucher les oreilles. Pas de crise de nerf, pas maintenant Lea. Heureusement que les infirmières étaient occupées, sinon en voyant ma tête, l'une d'elle m'aurait sûrement fichue dehors. Mais je ne pouvais pas partir, pas tant que je n'étais pas certaine qu'il allait bien.

Adossée au mur, je cognai l'arrière de ma tête contre ce dernier, fermant les yeux et me demandant ce qui ne tournait pas rond chez moi. Pourquoi est-ce que j'avais besoin de gueuler comme ça sur les gens que j'aimais ? Rien de surprenant à ce qu'Alvin et moi, on soit si fusionnels, si liés : il était le seul qui n'était pas affecté par les cris, par la violence. Non, ce n'était pas qu'il n'était pas affecté, c'était au delà : il aimait cela. Là où les autres se fanaient et dépérissaient à mon contact, lui, il grandissait. Là où j'étais la mauvaise herbe de tous, j'étais l'engrais d'Alvin.

Mais si unique et fort fut ce lien, c'était toujours dur d'être la mauvaise herbe des gens importants pour nous.
Je fus tirée de mon cauchemar éveillé par une main sur mon bras qui me fit sursauter.

« Lâchez-moi ! »

M'insurgeai-je par réflexe. C'était le grand retour de l’infirmière, celle qui m’avait jeté un regard désapprobateur en rentrant dans la pièce. Elle avait probablement été briefée par ce cher docteur Freys.

« Madame Caldwell, il faut que vous sortiez de la chambre !
- Non non non... Je ne peux pas partir »

Protestai-je, mais je sonnais plus comme une démente en plein délire que comme quelqu'un de sain d'esprit qu'on aimerait laisser avec un patient.

« J'insiste madame »

D'ailleurs elle insistait tellement qu'elle avait commencé à me pousser vers la sortie. J'avais commencé à opposer une résistance physique -sérieusement avec ma force atrienne je pouvais la mettre au tapis avec un seul bras- mais me sentant peu coopérative, voire carrément dans l'opposition, elle dégaina l'argument de choc :

« Ne m'obligez pas à vous faire accompagner à la sortie de l'hôpital »

L'envie de lui rétorquer qu'elle pouvait toujours essayer était grande, mais je parvins, pour une fois à ravaler mon insolence. Je me laissai conduire dans le couloir, sur les chaises d'attente, le tout sans broncher mais en la fusillant du regard. Cette mégère m'avait dans le nez, je le sentais bien.

Après s'être assurée que je resterais assise bien tranquillement, elle retourna dans la chambre, prenant soin de fermer la porte derrière elle.
Dans un soupir je ramenai mes jambes contre moi, posant mon front sur mes genoux. Quelle journée de merde. Se lever le matin dans l'idée de tuer quelqu'un et se retrouver plusieurs heures plus tard à prier en silence pour qu'il aille bien... C’était complètement fou. Je ne savais même pas l'heure qu'il était, je n'avais pas de montre et pas de portable. J'aurais pu déambuler dans les chambres pour trouver un machin indiquant l'heure, mais je me sentais soudainement exténuée. L'idée que j'ai réussi à m'épuiser moi-même me tira un sourire même si clairement il n'y avait que as grand-chose de drôle dans cette situation. Fatiguée, je fermai les yeux, laissant ma cascade de cheveux bruns m'enrober et me couper un instant du monde extérieur. Moi aussi j’avais besoin de calme.


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Ven 25 Mar - 21:46


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Heureusement que toutes les personnes qui avaient un passé malheureux ne tournaient pas tous criminels, sinon il y en aurait un paquet. C'était aussi mon rôle de réconcilier les gens avec leur passé. Chose qui n'était pas toujours évidente mais nécessaire pour avancer. Léandra avait bien besoin d'un coup de main sur ce point mais elle n'était pas ma patiente. Et elle refuserait sans doute même que je fasse quoique se soit à ce sujet. Pour elle tout allait pour le mieux, sauf cette idée d'indépendance qu'elle n'arrivait pas à atteindre. Naïvement, je lui proposais de l'aider à trouver quelque chose.

- Je ne voudrais pas que tu te retrouve dans un placard

Répliquais je avec un sourire. Même si elle avait un salaire, je ne voulais pas qu'elle finisse dans un endroit miteux. Edendale était tout de même chère et puis avec ma profession je pouvais tirer quelques ficelles.
Une conversation légère qui s'était installé pour une courte durée. A peine avais je énoncé mon envie suicidaire que Léandra était partie pour me disputer. Elle n'arrivait pas à comprendre, à me comprendre. C'était vrai que je n'étais pas l'humain le plus facile à cerner mais elle pouvait faire un effort. Non visiblement elle ne pensait qu'à elle encore une fois. Elle ne pensait pas aux conséquences. Tout ce que je lui demandais c'était de ne pas mourir avant moi. Et tout ce qu'elle trouvait à dire c'était que la mort ne se contrôlait pas.

- Elle ne se contrôle pas mais ont peut la retarder !

La discussion s'envenimait et mon état aussi. Mon médecin m'avait dit qu'il me fallait surtout du calme car une très forte émotion pouvait m'être fatale. Raison pour laquelle je demandais à Léa de sortir. Je devais me calmer mais elle était toujours là. Je me demandais si elle comptait me regarder crever mais elle avait fini par appuyer sur la sonnette. Deux infirmière étaient arrivés en courant et avaient tiré le rideau. Je n'avais plus l'atrienne dans mon champ de vision mais ce n'était pas pour autant que j'arrivais à retrouver mon sang-froid.

- C'est bien, continuez de respirer Monsieur Caldwell...! Tout va bien

L'infirmière qui était resté posa sa main sur mon épaule pour m'encourager. Mon cerveau eut alors un réflexe étrange et je poussais la jeune femme violemment. Moi qui détestait la violence, c'était étrange. Mes mains tremblaient et je commençais à voir trouble. Ce qui n'était pas très bon signe, cela m'était déjà arrivé une fois et j'avais eu du mal à m'en remettre. Mon médecin avait appelé cela une semi-perte de conscience.

- Monsieur Caldwell ?

J'étais figée, plus aucun muscle ne m'obéissait. Seule mon ouïe fonctionnait toujours. Le regard au loin, brumeux. L'infirmière qui avait fait sortir Léandra avait rejoint sa collègue qui essayait de me faire réagir. Claquement de doigt devant les yeux mais je ne cillais pas.

- Allez chercher le docteur Freys !

Quelques secondes plus tard, je retrouvais la doctoresse. Elle n'était pas venue toute seule, j'entendais quelque chose rouler. Pendant qu'elle branchait mon cerveau à une machine, elle expliqua qu'elle devait donner un bref coup d'électricité pour refaire redémarrer mon système nerveux. J'avais envie de leur dire de ne pas le faire, que je m'en passerai bien. Mais je ne pouvais rien dire. Surtout que ça allait bien aider ma maladie. L'une des infirmières fut envoyé pour prévenir Léandra de ce qui se passait.

- Madame Caldwell...votre mari a...

Elle cherchait ses mots, ou comment expliquer simplement à cette pauvre femme l'état des choses.

- Son cerveau a cessé de fonctionner, le Docteur Freys va le redémarrer en lui donnant un bref courant électrique, mais il y a un risque que cela augmente ses cellules cancéreuses...

Quelques secondes après un hurlement de douleur se faisait entendre. C'était le mien en l'occurrence. L'impression d'avoir été grillé de l'intérieur. J'avais l'impression que mon coeur allait bondir hors de ma poitrine, je voyais une pluie d'étoile noire devant mes yeux et un diapason strident dans les oreilles. Je voulais me les arracher tellement c'était insupportable mais Freys avait prévu le coup et me les tenaient fermement.

- Arrêtez çaaaaaaaaaa !!!!

Hurlais je à pleins poumons. Ce qui m'avait fait mal à la gorge et avait finie par se solder par une toux.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Dim 27 Mar - 0:56


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Barthandra

J'entendais des bruits autour de moi, mais je décidai de les ignorer. Des bruits de pas, de course, de quelque chose qui roulait. Je m'imposai le calme, faisant abstraction du reste. Ça allait finir par passer. Ça devait finir par passer.

Une voix, tout proche de moi, et s'adressant visiblement à moi, vint briser ma bulle d'un ton tellement désolé que ça en devenait agaçant.

« Oh foutez moi la paix »

Grognai-je, ne la laissant pas finir sa phrase. Je ne voulais pas savoir ce qu'elle avait à me dire. Si c'était pour me dire de partir encore un peu plus loin elle pouvait toujours espérer. Je ne bougerais pas d'ici. Pas de mon plein gré en tout cas. Évidemment si les gros bras du gardien venait me déloger je n'avais pas grandes chances de résister.
La suite de ses dires me poussa malgré tout à relever la tête, m'extirpant de mon cocon de fortune pour planter un regard sévère dans celui de l'infirmière. Je ne comprenais pas grand chose à son charabia, le cancer, à part que c'était mauvais et mortel, je ne savais pas franchement ce que c'était ou comment ça fonctionnait. Tout ce que je comprenais c'était que "augmente ses cellules cancéreuses" n'augurait rien de bon.

« Le redémarrer ? C'est pas un putain d'ordinateur bordel ! Si c'est mauvais pour lui alors ne le faites pas putain de merde ! »

Répliquai-je, ne cherchant même pas à cacher mon ton agressif. En même temps avec deux "putain" dans la même phrase essayer de dissimuler mon agressivité était plutôt peine perdue. Je sentais bien que l'infirmière était un peu à court d'idée pour me calmer et qu'elle n'était pas très rassurée d'être seule avec moi. En même temps, si c'était pour venir me balancer des conneries comme ça, fallait pas qu'elle s'étonne de s'en prendre pleins la gueule. C'était quoi ce putain de discours de merde ? "Au fait on va lui faire un truc très très très mauvais pour lui, juste histoire sur vous soyez au courant !". Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez ces gens là ?

Notre duel visuel fut interrompu par un cri à vous en fendre l'âme qui me fit bondir de ma chaise illico.

« Qu'est-ce que vous lui faites ? »

Rugis-je alors que je poussais l'infirmière, qui commençait à balbutier je ne sais quelle excuse, pour rentrer dans la chambre. Il y avait un peu plus de monde que quand je l'avais quittée, dont cette chère doctoresse. Mes yeux sautèrent de personne en personne, cherchant à comprendre ce qui se passait. Barth avait l'air complètement sonné, je ne savais même pas s'il m'avait vu, le médecin avait amené une curieuse machine qui était maintenant branchée au Doc et je ne pouvais qu'en tirer la conclusion que c'était ce qui l'avait fait hurler. Mon sang ne fut qu'un tour et mon instinct bagarreur se réveilla. Je n'avais qu'une envie, coller une bonne droite à cette nana sur laquelle je focalisais toute la rage qui m'était normalement due. Je ne l'avais pas écoutée quand elle m'avait dit qu'il avait besoin de repos. A la place, je m'étais imposée, je lui avais hurlé dessus pour des futilités, et je l'avais mis dans cet état. Sans moi il n'aurait pas fait de tachycardie, et il n'y aurait probablement pas eu besoin d'amener cette machine à torture. Mais c'était plus facile de haïr Freys que de me laisser ployer sous la culpabilité. Ca, je le ferai, mais plus tard. Si je commençais maintenant à me flageller, rien de bon n'arriverait.

Sans trop réfléchir, je fonçai sur le docteur, la forçant à reculer et au passage à s'éloigner de son instrument de torture, mettant en suspens ce qu'elle avait entamé. Les infirmières lui jetèrent un regard interrogateur, se demandant si elles devaient prendre le relai, mais ne prirent aucune initiative.

« Arrêtez. Vous voyez bien que ça lui fait du mal »

Ordonnai-je, le ton dur, la voix forte. Pour sur, à en croire le cri qu'il avait poussé, la machine avait l'air de lui porter préjudice.
Moins que d'autres, me soufflait une petite voix, mais je décidai de l'ignorer. Ce n'était vraiment pas le bon moment pour le conflit intérieur, loin de là.

« Madame Caldwell. Je sais ce que je fais. Je connais mon métier »

Sa voix était calme, ses gestes maîtrisés, mais je lisais dans son regard qu'elle perdait patience avec moi et qu'elle se ferait une joie de me jeter hors de cette chambre, voir carrément de l'hôpital. Je savais que si je poussais ma chance, elle n'aurait pas à beaucoup se justifier pour me faire accompagner manu militari loin de son patient, que je sois sa "femme" ou non. Elle pourrait argumenter que ma présence mettait en danger son patient, elle avait plusieurs témoins pour appuyer ses dires, dont Barth lui-même qui m'avait également demandé de lever le camp. En attendant, elle me contourna pour retourner près de sa machine. Elle était prête à enclencher à nouveau je ne sais quel bouton ou manette, mais mes réflexes étaient meilleurs que les siens, et ma main s'était saisie de son poignet à la volée avant qu'elle n'ait appuyé sur quoique ce soit. Je vis dans son regard qu'elle ne s'était pas attendue à ce que j'ai autant de force. Surprise, bitch, c'était pas toi qui remettait en question la force atrienne ? Un petit sourire s'était dessiné au coin de mes lèvres à cette pensée que je n'avais bien évidemment pas formulé à voix haute. Ce n'était pas le bon moment pour que l'on découvre que j'étais atrienne. Je voyais aussi dans son regard qu'en usant de force et en l'empêchant de suivre son protocole, j'avais dépassé les bornes.

« Mme Caldwell, soyez raisonnable, vous êtes en train de stresser votre mari »

Lâcha-t-elle finalement, comme si elle savait quoi dire pour me faire flancher. Son ton était sec, elle ne cherchait plus à faire bonne figure, elle cherchait à me rendre suffisamment inoffensive pour qu'elle puisse faire son travail en paix. Son commentaire eut l'effet escompté, mes doigts se déserrant un peu sans pour autant la lâcher. Je n'osai pas tourner la tête pour vérifier ses dires, j'avais trop peur de constater dans quel état j'avais mis le Doc... Mais dans l'absolu, elle avait raison. Il n'avait probablement pas besoin de ce genre de spectacle en plus de tout le reste. Pourtant je ne pouvais pas me résoudre à la laisser continuer. Pas après l'avoir entendu hurler de la sorte.

« Il doit y avoir un autre moyen »

Ca sonnait comme une affirmation, mais c'était bien une question. Je ne pouvais pas concevoir que la médecine humaine soit-disant si avancée doive briser quelqu'un pour le soigner. Cette idée me mettait hors de moi. J'avais les dents serrés, la mâchoire tendue, et probablement l'air aussi aimable qu'un chien de combat sur le point de mordre. En tout cas, c'était ce que j'en concluais en voyant les infirmières se déplacer lentement, prudemment, vers le plateau à ustensiles. Elles n'allaient quand même pas m'injecter un sédatif ou une connerie du genre ? Ça ne se passait que dans les films ça, non ? Dans le doute, je lâchais le poignet du docteur, levant les mains légèrement en l'air pour signifier mon inoffensivité.

« Me dites pas que c'est ce que la médecine de 2026 fait de mieux putain ! »

Inoffensive dans les gestes, mais certainement pas dans les mots. Je n'allais pas les laisser faire n'importe quoi. Et c'était le grand retour du "putain". Autant j'arrivais à maîtriser mon langage la plupart du temps, autant avec fatigue et émotions, c'était fini. Les humains avaient beau se foutre de la gueule des méthodes arriérées des Atriens, en attendant avec du Cyper et le sang d'un des nôtres, nous faisions bien mieux que ces crétins en blanc affublés du matériel dernier cri. Dans tous les sens du terme, à en croire le hurlement qu'avait émis Barth un peu plus tôt. Si j'avais du temps, un peu plus de temps, et le champ libre, si nous étions seuls tous les deux, j'aurais pu essayer. Oui j'aurais pu. L'aurais-je fait ? Je n'en savais rien. Qui savait les effets que du sang Atrien pouvait avoir sur un humain ? Ca pouvait être miraculeux comme dévastateur. Dans tous les cas, ce n'était pas possible, nous étions cernés par le personnel de l'hôpital qui m'aurait fichue dehors ou sous sédatif avant même que je ne m'ouvre le bras.


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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Lun 28 Mar - 18:25


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Pourquoi est ce que l’on ne me laissait pas mourir tranquillement ? Je souffrais déjà bien assez il n’y avait pas besoin d’en rajouter. Le sadisme des humains, vouloir empêcher à tout prix un condamné d’aller rejoindre tranquillement l’autre rive. On ne me demandait même pas mon avis, on profitait de mon état pour me secouer dans tout les sens, pour me faire mal. Il y avait longtemps que j’avais quitté la voie de la guérison, abandonnent la chimiothérapie en cours de route, refusant que l’on touche à mon cerveau. C’était mien, personne ne l’ouvrait à part moi. Accès interdit.

Et puis j’avais rencontré Léa, ma petite Atrienne de banlieue. En l’a voyant rire et s’épanouir derrière son nouveau bureau de secrétaire j’avais regretté pendant quelques instants d’avoir tout lâché. Sans m’en rendre compte je l’avais prise sous mon aile, cherchant à la protéger comme un père avant de revenir à la réalité. Mes ailes étaient coupées. Du jour au lendemain, elle allait se retrouver à nouveau seule alors j’avais tenté d’essayer de nous unir officiellement pour continuer à veiller sur elle-même après a mort. Mais tout ce n’était pas passé comme prévue. Je m’étais aveuglé tout seul. Léandra rêvait d’indépendance et moi je voulais justement lui mettre la corde au cou. Un faux pas qui avait mit le feu entre nous deux. Je hurlais autant ma douleur que m’infligeait cette machine que la peine qui m’enserrait le cœur.
Ca s’était arrêté, je respirais comme si je venais de courir un marathon, mes oreilles sifflaient et quelques bribes de voix arrivaient à filtrer à travers. Celle de Freys et celle de Léa. Je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait.

Freys qui perdait patience avec cette femme qui ne voulait pas la laisser faire son travail. C’était de sa faute si son mari était dans cet état, pour qui se prenait-elle ?

- Mme Caldwell, au stade où en est votre mari il n’existe pas d’autres moyens, mais si vous préférez vivre avec un légume

Par secret médical elle ne pouvait pas dire à la brune enragée que j’avais décidée de mon plein gré le chemin de non retour. Ce n’était même pas inscrit dans mon dossier que j’étais marié, un acte qui devait donc être tout récent dans son raisonnement.

Petit à petit les étoiles noires qui tombaient devant mes yeux diminuaient, jusqu’à ne plus laisser que le plafond blanc. Alors que Freys allait recommencer, je levais doucement ma main vers elle.

- Stop…

C’était un souffle, un murmure mais dans cette pièce silencieuse c’était parfaitement audible.

- Monsieur Caldwell…

- Stop…

Elle ouvrit la bouche pour chercher un moyen de me convaincre mais avait fini par soupirer. Elle était obligée d’écouter la volonté du patient. Elle éteignit la machine et me déconnecta. Loin de cet objet infernal je me sentais déjà beaucoup mieux. Soulagé, serait même un mot plus juste.

- Léa…


Appelais-je, en pensant qu’elle n’avait pas quitté la chambre. J’étais incapable de me redresser, juste assez de force pour ouvrir la bouche. Les infirmières prirent congés ainsi que le Freys, mais cette dernière ne se priva pas de glisser à voix basse à l’atrienne en passant.

- N’oubliez pas que c’est vous qui êtes responsable…Bonne fin de journée Mme Caldwell

Ce n’était sans doute pas professionnelle mais elle avait horreur des personnes qui pensaient être meilleures qu’elle alors que c’était son métier.

J’étais à nouveau seul avec Léandra, excepté que cette fois ci je ne pourrai même pas jouer les analystes ou hausser la voix. J’avais l’impression que mon cerveau était partie en fumée.

- Léa…

J’apercevais enfin une tignasse familière, me tirant un faible sourire. J’avais envie de dormir, fermer les yeux et me reposer. Pendant des heures, des jours et peut être même des années.
Je lui faisais doucement signe d’approcher son visage du mien. Une fois assez près je posai ma main sur sa joue.

- Oe lu ngaytoa *…deviens un joli papillon…

Je peinais à garder les yeux ouverts, je voulais continuer de regarder son visage. Doucement, j’en dessinais les contours avec mon index.

*je suis désolé
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Mar 29 Mar - 21:47


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Je dévisageais Freys avec une espèce de rage sourde et muette. Ce n’était pas contre elle que j’étais en colère, c’était contre cette foutue médecine supposée avancée et qui, au final, ne servait à rien. « Au stade où était mon mari » ? Mais si ce n’était pas dans les pires moments que nous avions besoin de la médecine, quand était-ce ? Quand on avait un petit mal de tête ? Formidable ! Lorsqu’un Atrien était à 2 doigts de la mort qu’on lui faisait un don de sang mêlé de cyper, il guérissait. Ca, c’était de la vraie médecine. Je ne trouvais plus rien à dire. Que pouvais-je répondre à ce genre de commentaire ? Non, évidemment que je ne voulais pas qu’il devienne un légume. Mais je n’étais certaine que l’alternative soit beaucoup plus enviable en fait.

Je lui jetai un regard vide alors qu’elle dérobait son poignet à mes mains sans difficulté, s’apprêtant à réitérer son horrible remède. Je détournai les yeux, incapable de voir ce qui allait se passer. Quelque chose me disait que les cris allaient m’horrifier bien plus que les images.
Ce fut pile à ce moment que la voix de Barth s’éleva. Enfin, « s’élever » était probablement un bien grand mot vu le volume sonore. C’était à peine un souffle, un chuchotement, pas bien plus bruyant qu’une petite brise, mais suffisamment pour qu’on l’entende tous.

Mon cœur se serra en le voyant insister une 2eme fois, et Freys débrancher sa machine. Je ne savais pas trop si j’étais soulagée qu’elle ait renoncé, ou si j’étais mortifiée d’imaginer les conséquences d’un tel choix. Clairement, le médecin ne donnait pas cher de sa peau –enfin surtout de son esprit- s’il refusait ce traitement.

Je ne pus retenir un soupir en la voyant capituler. J’avais bien cru qu’elle irait au bout de son idée coute que coute. Je ne savais pas si j’avais pris la bonne décision, si Barth avait pris la bonne décision, je savais juste que je ne supporterais pas de le voir se faire torturer –même si ça portait le nom de « soin ».
Alors que la chambre se vidait petit à petit, je posais mes yeux sur le Doc. Il avait l’air en piteux état, encore plus que lorsque j’étais arrivée pour le voir. Je crus un instant qu’il allait profiter du calme qui se réinstallait pour me rappeler qu’il m’avait demandé de partir –ce que j’avais fait, mais pour mieux revenir ensuite- mais il ne semblait pas franchement en état de me chasser. Je n’étais même pas sûre qu’il soit en état de se souvenir ce qu’il m’avait dit un peu plus tôt. Et ce que j’avais dit. Sinon il n’en serait probablement pas à murmurer mon nom de la sorte, comme une douce invocation.

Je fis un pas vers lui, pour le rejoindre, mais une main se referma sur mon bras, m’arrêtant. Je tournai la tête dans sa direction pour tomber nez à nez avec Freys, qui avait, de toute évidence, un dernier avertissement pour moi. Responsable, hein. Comme si j’avais besoin d’elle pour culpabiliser… La mauvaise foi, ça me connaissait bien, mais je pouvais toujours raconter à qui je voulais que c’était la faute à cette médecine humaine incompétente, ça ne ferait pas taire la petite voix qui, le soir, me rappellerait qu’il n’y avait qu’une seule coupable, et que c’était moi.

Je dégageai mon bras sans mot dire. Je n’avais pas envie de me battre avec elle. Elle avait raison de me tenir pour responsable, ce n’était pas pour autant que j’avais envie de l’admettre devant elle. Je l’entendis partir à son tour alors que je rejoignais le lit de Barth qui m’appelait pour la deuxième fois. Me penchant sur lui, j’essayais d’arborer un air paisible alors que ma main se glissait dans la sienne pour la serrer. Bon sang. C’était dur de regarder dans les yeux la personne qu’on était en train de détruire.

« Hey, je suis là »

Murmurai-je, luttant pour conserver un ton égal et ne pas trop dévoiler mon état d’esprit actuel. Dans l’état où il était, je n’étais pas certaine qu’il soit capable de détecter ce genre de subtilité. Sans lâcher sa main, je me rapprochai de lui, comme il m’en faisait le signe. Sa main était froide contre ma joue, à moins que ça ne soit la mienne qui soit brûlante.
Et là, contre toute attente il… s’excusa. Sa phrase me tira un froncement de sourcil incrédule. Pourquoi diable s’excusait-il ? Ca n’avait aucun sens pour moi. De toute façon, il avait l’air tellement à bout qu’il n’était pas impossible qu’il soit déjà en train de déraillé. Mais ce n’était pas pour autant que j’allais le laisser continuer à dire n’importe quoi.

« Non, c’est moi qui suis désolée. Sans ma brillante intervention tu ne serais pas dans cet état là… »

Répondis-je, le ton ferme. Je ne savais pas s’il arrivait encore à me suivre ou si son esprit s’égarait déjà, mais j’avais besoin de le dire. Il avait, étonnamment, encore la force de lever son bras pour laisser ses doigts caresser mon visage. Je fermai un instant les yeux, me perdant dans ce moment un peu hors du temps. Si seulement tout pouvait être aussi simple qu’une caresse. Evidemment, avec des si, on pourrait mettre Atria en bouteille.
Je rouvris doucement les yeux, laissant mon regard tomber sur le Doc’. J’avais du mal à savoir s’il valait mieux le laisser se reposer ou s’il fallait le maintenir éveillé comme pour les personnes victimes d’un traumatisme crânien. Clairement, lui avait l’air plutôt enclin à dormir. Maintenant, je regrettais d’avoir été aussi désagréable avec le corps médical qui avait fui la chambre… J’aurais bien besoin de leurs conseils sur ce qu’il fallait faire et ne pas faire.

« Et pour le papillon on repassera… t’as vu ma gueule un peu ? »

Ajoutai-je, essayant d’alléger un peu le ton pour mieux dissimuler mon conflit intérieur. En même temps, humour ou pas, il y avait bien une chose vraie : je devais avoir une tête à faire peur. Un mélange de tension, de fatigue, de tourment, tout ce qu’il y a de plus ravissant…

Mais le répit ne fut que de courte durée. Fallait-il le laisser dormir ou non ? La question me tourmentait. Je me retins de soupirer à nouveau, réfléchissant à ce qui me paraissait… logique. Le souci, c’était que le bon sens et moi, ça faisait deux. Mes connaissances en médecine étaient extrêmement limitées. Tout ce qu’on m’avait toujours appris –et qu’on avait appris à n’importe quel atrien- était simple : en cas de détresse, ais toujours du cyper sur toi. Ca te sauvera la vie, ou celle d’un de tes semblables. Ca, je l’avais bien assimilé. Le cyper était, en ce moment même, glissé dans ma chaussure. Je ne sortais presque jamais sans. Comme pour me rassurer, je remuais un peu le pied, vérifiant qu’il était toujours bien à sa place. Sauf que ce n’était pas moi qui étais en mauvais état…

L’idée qui n’avait fait que frôler jusque là mon esprit s’insinua à nouveau dans mon cerveau. Que se passerait-il si je mêlais le cyper au sang de Barth ? Le pire… le pire serait sa mort. Non. Le pire serait la souffrance. Je n’avais jamais eu à m’enfoncer du cyper dans les veines, mais les témoignages disaient que cela brûlait. C’était une douleur intensive, mais brève. En revanche, l’atrien qui recevait le sang mêlé au cyper ne ressentait aucune souffrance, juste un sentiment de plénitude assez proche de celui donné par certaines drogues. La douleur restait malgré tout une possibilité, les humains n’étaient pas fichus comme les atriens après tout. L’autre possibilité… c’était la rémission. C’était l’accalmie. Peut être partielle, peut être temporelle.

L’idée était aussi séduisante que dangereuse. Comme toutes les idées, elle venait planter sa graine, et laisser faire le temps et les errances spirituelles, ces engrais naturels diablement efficace. J’en étais à me bouffer la lèvre autant que je me triturais les méninges. Depuis combien de temps étais-je restée absente, immobile ? Probablement pas longtemps. Mes yeux tombent à nouveau sur Barth. Tu n’as pas le droit de décider pour lui. Voilà ce que je me dis. Surtout en ne sachant même pas les conséquences. Bon sang Lea, tu délires totalement.

Je me rends compte que ma main qui ne serre pas la sienne s’était glissée inconsciemment jusqu’à ma cheville, l’index glissé dans la bottine, jouant avec le cyper.
Je retirai ma main vivement, comme si je m’étais brûlée. Doucement, je la glissai dans les cheveux de Barth, les caressant alors que je les écartai de son front.

« Tu ne veux pas dormir un peu ? »

Suggérai-je, essayant de ne pas me dire que s’il était endormi, il serait bien plus facile de lui administrer mon remède miracle. J’avais définitivement un grain. Et besoin d’apprendre l’auto-restriction. D’urgence. A moins que je n’ai besoin de sommeil, moi aussi ? Peut être, mais pas tout de suite.

« Tu m’as l’air épuisé »

Ajoutai-je, dans un sourire faiblard. On ne l’aurait été moins, dans sa situation. La fatigue physique semblait tellement infime comparé à l’épuisement causé par les émotions.


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Mer 30 Mar - 21:21


So I'm following the map that leads to you
C'est le bien qui fait mal

Brillante, elle l'était assurément. Pas l'intervention mais Léa. C'était comme un ange qui venait papillonner juste au dessus de moi. Je secouais la tête, ce qui était une mauvaise idée. Une horrible douleur m'avait transpercé le crâne. Je grimaçai. De toute façon tôt ou tard j'aurai terminé dans cet état. Le monde était remplie de haine, de disputes et de mauvaises ondes que c'était inévitable. Et puis au moins elle m'avait épargné la chute sur le bitume. Directement dans le lit, c'était cent fois mieux. Je pouffais tout seul à mes pensées que je trouvais humoristiques.

- Ca pourrait être pire...

Je pourrais être mort par exemple. Ce qui était moins chouette que d'être simplement fatigué ou le cerveau réduit en bouillie. Cet élément était temporaire, dans quelques jours j'aurai retrouvé mes neurones psychologiques et pourrait reprendre mes analyses. Pour le moment j'avais envie de dormir. Mais je craignais que si je fermai les yeux, je ne pourrai plus les rouvrir. Même si le monde était moche, il y avait tout de même de belles choses à voir. Découvrir une Léandra indépendante, son nouveau nid. Voir le cocon devenir papillon. Visiblement, elle n' avait pas compris la métaphore. J'enfonçais doucement mon index dans sa joue.

- Si...tu sera un magnifique papillon...le plus bleu de tous...tu es la plus jolie des fausses humaines que j'ai rencontré...

Je recommençais à dérailler. Je m'en rendais compte, c'était sans doute cela le pire dans l'histoire. Assez conscient pour le voir mais pas suffisamment pour m'arrêter. J'avais soif aussi mais vu le coup de jus que j'avais pris il valait mieux éviter de finir comme le célèbre français Claude François. Mort en buvant un verre d'eau, ça serait ridicule.  

Elle glissa sa main dans mes cheveux. Ma mère me faisait ça aussi quand j'étais enfant. Je souriais malgré moi face à ce souvenir qui était loin mais si proche en même temps. Léa me suggérai de dormir. Épuisé, il n'y avait pas besoin d'être médecin pour voir que je l'étais. J'étais bien loin de me douter des raisons qui motivaient l'atrienne à vouloir que je me repose.

- D'accord...mais tu me chante une berceuse...

Soufflais avec un demi-sourire. Il n'y avait pas besoin d'insister beaucoup pour me convaincre de dormir. Mes yeux ne demandaient qu'à se fermer. D'ailleurs elles avaient fini pas le faire toute seule et il ne m'avait fallu que quelques secondes pour quitter le navire. Je ne savais même pas si Léa m'avait chanté quelque chose ou non. L'enfer dans mon cerveau s'était envolé, je me sentais comme si j'étais sur un nuage. Bien que mon pouls était plus faible que quelqu'un qui était normalement endormie je restai en vie.

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MessageSujet: Re: So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]   Ven 1 Avr - 9:37


I love to think that we had it all
We drew a map to a better place
But on this road I took a fall...

Barthandra

Je lui jetai le regard désabusé qui voulait, à peu de chose près, dire : Seriously, bro ? Il allait bientôt me remercier de l'avoir presque tué à ce rythme... Pour sur, si j'étais l'ingrate du lot, il était l'extrême inverse. Au moins, à nous deux, on faisait une moyenne honorable. On était peut être fait l'un pour l'autre en fait. Faits pour se marier, comme l'avait suggéré Barth il y a quelque temps...

La vérité, c'était que j'aurais adoré me marier avec le doc. Déjà parce que faire un mariage humain, ça avait quelque chose de magique, et de très symbolique à mes yeux, mais aussi parce que j'étais certaine que la vie aux côtés de Barth aurait été belle. Mais quand je voyais le mal que je pouvais lui faire déjà maintenant, je ne préférais même pas imaginer les conséquences en me liant un peu plus à lui. J'étais toxique. Et si je le savais déjà avant, j'en avais eu une cruelle preuve, un rappel à vif, aujourd'hui. D'ailleurs, lui-même avait reconnu que c'était une mauvaise idée. Il était lucide sur le sujet. En tout cas il l'était à ce moment là, avant que son cerveau ne grille complètement et qu'il ne se mette à délirer sur les papillons.

J'esquissai malgré tout un sourire à son commentaire.

« C'est pas franchement difficile »

Commentai-je, espiègle. Pas parce que j'étais exceptionnellement jolie d'ailleurs, mais parce qu'il n'avait pas dû rencontrer des foraine de fausses humaines. J'étais même probablement la seule à sa connaissance. Mais ne chipotons pas, il était probablement juste en train de délirer.
Vu son état, je lui suggérai de piquer un petit somme, même si clairement il n'aurait pas attendu longtemps mon conseil avant d'obtempérer, il semblait éprouver toutes les difficultés du monde à garder les yeux ouverts.

« Tu m'as entendu chanter pourtant, tu sais que ça fait plus de mal que de bien »

Le taquinai-je. Brailler était un mot plus adapté que chanter lorsqu'on parlait de mes talents musicaux.  Il fallait dire que je le faisais généralement sous la douche ou en faisant le ménage, il fallait couvrir le bruit de l'eau ou de l'aspirateur.

De toute façon, avant même que je ne puisse décider si j'allais lui casser les oreilles ou non, il s'était endormi, emporté par l'épuisement qui semblait l'étreindre depuis quelques minutes déjà. Ma main continua à caresser doucement ses cheveux pendant un instant avant de s'immobiliser. Mon autre main était toujours entrelacée à la sienne, mais il n'y avait plus aucune force dans ses doigts. Je ne savais pas s'il m'entendait encore lorsque je murmurai :

« A'sat jukg ftu rä lu hyy* »

*Que ton sommeil soit doux = très ancien et/ou honorifique équivalent du "bonne nuit"

Je soupirai doucement en me redressant légèrement. Il s'était endormi. Le champ était totalement libre : pas une âme aux alentours, et le doc profondément endormi. Je glissai à nouveau ma main à ma cheville, jouant du bout des doigts avec le Cyper. Je n'avais pas beaucoup de temps, et pas énormément de moyens non plus. Il fallait que, d'une manière ou d'une autre, j'arrive à lui injecter le Cyper et mon sang. Vu mes connaissances en médecine et en anatomie, c'était loin d'être gagné. J'étais en train d'analyser les outils à disposition lorsqu'un bruit me fit sursauter, et je me retournai brusquement, comme prise sur le fait alors que je n'avais rien commencé. Ce n'était que la porte de la chambre d'en face qui avait claqué. J'étais beaucoup trop tendue.

Je me retournai en soupirant à nouveau, posant mes yeux sur Barth. Il avait l'air paisible. Je ne savais pas si c'était le cas, s'il était en train de rêver ou non, mais son sommeil n'avait pas l'air agité. Son esprit était probablement trop fatigué et affaibli pour produire une quelconque forme de rêve. Je m'étais mise inconsciemment à tapoter sur le matelas, évacuant ma nervosité, essayant d'ordonner mes idées.

Je ne pouvais pas faire ça. Je n'avais AUCUNE idée de l'effet qu'aurait mon sang et je Cyper sur lui. Ça pourrait le tuer sur le coup. Ou empirer son état. Ou... Walvec savait quoi. Je secouai la tête pour me remettre les esprits en place. Non mais Lea, ma pauvre fille, à quoi tu pensais ?
On ne franchit pas le pas sur un simple instinct. Sur une idée qui avait traversé votre esprit au moment où vous frôliez le désespoir et la déraison. En revanche, je venais d'avoir une idée. Une VRAIE idée. Elyan. Elyan allait m'aider. Elle qui rêvait de pouvoir faire des tests sur le sang Atrien... J'allais le lui fournir, ce sang. J'omettrai bien sûr de lui préciser que ce serait le mien. J'amènerais la matière, et elle la science.

J'étais soudainement impatiente de sortir de là et d'aller en parler à mon amie. Barth avait tort. Certes, la médecine humaine l'avait condamné, mais il n'y avait dorénavant pas que la médecine humaine à Edendale.
Quoique pressée de mettre mon plan à exécution, je ne bougeai pas de ma chaise. Je ne souhaitais à personne de se réveiller seul dans un hôpital, alors je voulais être là quand le Doc se réveillerait. Par contre, le temps risquait d'être long sans livre, sans téléphone, et sans personne à qui parler. Me penchant en avant, bras croisés sur le matelas en guise d'oreiller et tête posée dessus, il me semblait bien m'être, à mon tour, laissée avoir par l'étreinte séductrice de Morphée ...

The End.


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Parce que le cerveau suit le coeur

Je te l'ai dit, tu as ce sourire au coin des lèvres quand tu mens. Tu t'imaginais pouvoir t'en sortir encore et encore facilement. J'essaie d'y croire, j'me voile sûrement la face. Tu m'as poignardée dans la noir. J't'ai fait confiance, aveugle était ma confiance, et tu m'as fait tort.
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So I'm following the map that leads to you [Barthandra ♥]
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